Kenya – « Maskan », une exposition-choc contre les féminicides
Un art qui interpelle
À Nairobi, l’exposition Maskan – mot swahili signifiant « maison » ou « résidence » – est visible jusqu’au 18 août dans les locaux du collectif artistique Creatives Garage. Ouverte le 7 août, elle met en lumière la persistance des violences de genre au sein même des foyers, mêlant audio, textes et sculptures pour créer un espace à la fois mémoire des victimes et cri d’alarme.
Une mise en scène marquante
Sous un plafond recouvert de tissus où figurent les noms des victimes, le rouge et le blanc dominent. Des mannequins en nuisettes tachées de sang incarnent des faits réels. À l’entrée, une montagne de 129 chaussures accueille les visiteurs : chacune symbolise une femme tuée entre janvier et mars 2025.
« Chaque chaussure représente une femme qui ne foulera plus jamais cette terre », explique Thayù, l’artiste à l’origine de l’installation.
« Les gens doivent voir concrètement ce qui se passe. Les chiffres dans les médias sont abstraits. Ici, on ressent la réalité. »
Un contexte alarmant
En 2024, plusieurs milliers de Kényanes avaient manifesté pour dénoncer une hausse des féminicides et des violences basées sur le genre. En réponse, le président William Ruto avait annoncé la création d’un groupe de travail dédié. Mais pour les militantes, la lutte reste insuffisante : elles réclament notamment la reconnaissance légale du féminicide dans le Code pénal.
Plus qu’une exposition
Maskan ne se limite pas à un événement artistique. C’est un appel national à briser le silence et à mobiliser la société face à un fléau encore largement invisibilisé.
