Kenya : à Nairobi, les commerçants comptent les pertes après les violences du mouvement Maandamano
Une ville meurtrie au lendemain des manifestations
Le 26 juin 2025, au lendemain de violentes manifestations à Nairobi, le centre des affaires (CBD) porte encore les stigmates d’un nouveau déferlement de colère populaire. Organisé en hommage aux victimes du mouvement Maandamano réprimé en 2024, le rassemblement a viré au chaos, causant la mort d’au moins 15 personnes. Les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre se sont étendus depuis le centre-ville vers d’autres quartiers.
Des commerçants dévastés face à l’ampleur des dégâts
David Kimani, propriétaire d’une boutique de réparation de téléphones depuis 15 ans, est sous le choc :
« Mon magasin est totalement détruit. Je vais devoir rembourser les clients. Je n’ai pas d’assurance. »
Même désarroi pour Kelvin, déjà victime en 2024 :
« J’ai perdu 2 millions de shillings. Ils ont tout pillé ou cassé. J’ai quatre employés, comment vais-je continuer ? »
Ces témoignages illustrent une colère mêlée de détresse, alors que l’économie informelle kenyane repose en grande partie sur ces petites structures vulnérables.
Une sécurité remise en question
Malgré la présence importante des forces de l’ordre, les pillages n’ont pu être empêchés. Ce constat fait naître des interrogations chez les commerçants du quartier. Une critique que Joffrey Missiria, conseiller municipal, rejette :
« La police a fait de son mieux. Nous avons des images des vandales, ils seront poursuivis. »
Selon les données officielles, seuls 2,4 % des commerçants kényans sont assurés, ce qui accroît leur précarité en cas de crise.
Une inquiétude internationale croissante
Les réactions dépassent les frontières nationales. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a exprimé sa « profonde préoccupation » face aux décès par balles et aux violences :
« L’usage de la force létale ne peut se justifier que pour protéger des vies », a déclaré Elizabeth Throssell, appelant à des enquêtes rapides pour faire toute la lumière sur les événements.
Conclusion
Les violents débordements survenus à Nairobi lors de la commémoration du mouvement Maandamano révèlent à la fois la fragilité sociale et les tensions persistantes entre la population et les autorités. Si le gouvernement promet des poursuites contre les auteurs de pillages, les commerçants sinistrés attendent surtout des aides concrètes. Ce nouvel épisode de violences rappelle aussi l’urgence de réformes profondes, tant en matière de sécurité que de protection économique, pour éviter que la colère ne se transforme encore une fois en chaos. réponses concrètes et des mesures fortes pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise.

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