Grève des taxis en Angola – l’appel à la formalisation du secteur informel
Une aide massive, mais ciblée
Le gouvernement angolais a annoncé une ligne de crédit de 50 milliards de kwanzas (46,7 millions d’euros) pour soutenir les entreprises touchées par la grève des chauffeurs de taxi fin juillet. Cette aide vise à financer la reconstruction des infrastructures, reconstituer les stocks, payer trois mois de salaires et préserver l’emploi.
Cependant, le secteur informel, qui représente une part importante de l’économie nationale, est exclu de ce dispositif, provoquant incompréhension et critiques.
La position des économistes
Pour l’économiste Carlos Rosado, cette exclusion est justifiée. Selon lui, une entreprise informelle, sans comptabilité ni paiement d’impôts, ne peut prétendre à un soutien de l’État :
« Ceux qui veulent rester informels n’ont pas de soutien, mais ceux qui veulent se formaliser en ont un. »
Il appelle les acteurs du secteur à se déclarer et enregistrer leurs employés à la Sécurité sociale, condition préalable à tout contrôle et à l’accès aux aides gouvernementales.
Un contexte de fortes tensions sociales
La grève, déclenchée pour protester contre la hausse du prix des carburants – passé de 300 à 400 kwanzas le litre le 1er juillet – a dégénéré en émeutes. Les violences ont causé la mort d’au moins 30 personnes, blessé plus de 270 autres et entraîné l’arrestation de plus de 1 500 personnes. Selon la police, 118 entreprises ont été vandalisées et 24 bus publics attaqués.
Des ONG, dont certaines affiliées à l’Église catholique, ont dénoncé de possibles « exécutions sommaires » lors de la répression.
Une économie sous pression
Deuxième producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne, l’Angola subit de plein fouet l’inflation, estimée à environ 20 %, et un taux de chômage proche de 30 %. La réduction des subventions sur les carburants, décidée par le gouvernement, a accentué le mécontentement d’une population déjà fragilisée économiquement.
Conclusion
L’aide gouvernementale de 50 milliards de kwanzas constitue un soutien crucial pour les entreprises formelles, mais laisse de côté un large pan de l’économie angolaise. Pour Carlos Rosado, la solution passe par une formalisation rapide du secteur informel, seule garantie d’accéder à ces dispositifs et d’instaurer un suivi économique fiable. Dans un climat social tendu, cette réforme apparaît à la fois comme une nécessité et un défi majeur pour l’Angola.
