Gambie : un ex-membre des « Junglers » condamné à 67 ans de prison aux États-Unis
Une condamnation historique
Le 23 août 2025, la justice américaine a rendu un verdict marquant dans la lutte contre l’impunité. Michael Correa, ancien membre des « Junglers », l’escadron de la mort du régime de Yahya Jammeh en Gambie, a été condamné à 67 ans de prison aux États-Unis. Reconnu coupable de crimes de torture et de violations graves des droits humains, il purge désormais sa peine loin de son pays natal.
Les « Junglers », bras armé d’une dictature
Sous le règne de Yahya Jammeh (1994-2017), les « Junglers » étaient tristement célèbres pour leurs exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées et actes de torture. Leur mission : protéger le régime en instaurant la terreur.
Michael Correa, qui avait trouvé refuge aux États-Unis après la chute de Jammeh, a été poursuivi pour avoir participé directement à des séances de torture sur des prisonniers politiques et des opposants.
Le rôle de la justice américaine
Cette condamnation s’inscrit dans le cadre du principe de compétence universelle, qui permet à un pays de juger les auteurs de crimes graves même si ceux-ci ont été commis à l’étranger. Les États-Unis, qui avaient arrêté Correa en 2019, ont mené un long procès, basé notamment sur des témoignages d’anciens militaires et de victimes gambiennes.
Pour de nombreux observateurs, cette affaire envoie un signal fort : l’impunité des crimes d’État a ses limites, même au-delà des frontières nationales.
Réactions en Gambie et à l’international
En Gambie, les organisations de défense des droits humains et les victimes du régime Jammeh ont salué une « victoire symbolique ». Elles espèrent que ce jugement ouvrira la voie à d’autres poursuites contre les responsables des atrocités commises entre 1994 et 2017.
Sur le plan international, plusieurs ONG, dont Human Rights Watch et Amnesty International, ont appelé Banjul à accélérer ses propres procédures judiciaires et à coopérer avec la Cour pénale internationale (CPI) si nécessaire.
Conclusion
La condamnation de Michael Correa aux États-Unis marque une étape importante dans la quête de justice des victimes du régime Jammeh. Elle rappelle que, même des années après les faits et à des milliers de kilomètres du théâtre des crimes, les responsables peuvent être rattrapés par la justice. Pour la Gambie, ce verdict est à la fois un signe d’espoir et un appel à la responsabilité nationale : juger les crimes du passé reste indispensable pour construire un avenir démocratique fondé sur l’État de droit.

Cette condamnation me rappelle le caractère imprescriptible de la peine. En plus du principe de la compétence universelle, propre à certains États.
En sois, ce jugement rendu est une bonne chose, vu la gravité des faits et le traumatisme subi par le peuple gambien. Justice aura été rendue pour les victimes.
Cette décision judiciaire américaine est historique, et s’inscrit dans les annales judiciaires non seulement américaine, mais aussi dans la mémoire collective gambienne.
Du reste, l’histoire des » junglers » comme on les appelle, est digne d’un État autoritaire. Avec à sa gouverne un despote qui n’a d’égal.
Hélas c’est la justice qui s’abat sur l’ancien régime Jammeh. Et le triomphe de l’état de droit pour les familles victimes et le peuple gambien.