Gabon : Brice Oligui Nguema prête serment et devient officiellement président de la République
Une cérémonie d’investiture symbolique à Libreville
Samedi 3 mai 2025, Brice Clotaire Oligui Nguema a officiellement prêté serment en tant que président du Gabon, mettant un terme à la période de transition militaire entamée après la chute d’Ali Bongo en août 2023. La cérémonie s’est tenue dans le stade d’Angondjé, près de Libreville, devant près de 40 000 personnes, marquant un moment historique dans l’histoire politique du pays.
Elu avec 94,85 % des voix lors du scrutin présidentiel du 12 avril, le général de brigade devenu chef d’État s’installe pour un mandat de sept ans, sous l’égide d’une nouvelle Constitution, adoptée par référendum en novembre 2024.
Fin de la transition militaire et promesse de renouveau démocratique
Lors de son discours d’investiture, Oligui Nguema a salué « l’aurore d’un nouveau départ démocratique ». Il a déclaré que son élection mettait fin au processus de transition, amorcé après le renversement du président Bongo, et actait le retour à l’ordre constitutionnel civil.
Cependant, ce retour ne sera pleinement effectif qu’après l’organisation des élections législatives, prévues avant la fin de l’été 2025. Celles-ci doivent permettre la mise en place des nouvelles institutions issues de la réforme constitutionnelle, notamment la suppression du poste de Premier ministre, remplacé par un vice-président.
Une investiture sous haute surveillance et une large présence africaine
Le stade, rebaptisé « stade de l’amitié sino-gabonaise », a été sécurisé pour l’occasion. De nombreux chefs d’État africains ont assisté à la cérémonie, parmi lesquels Félix Tshisekedi (RDC), Paul Kagame (Rwanda), Faustin-Archange Touadéra (Centrafrique), Adama Barrow (Gambie) ou encore Teodoro Obiang (Guinée équatoriale).
La France, partenaire historique du Gabon, était représentée par Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe.
Le retour annoncé des militaires dans les casernes
Dans un message diffusé peu avant la cérémonie, le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) a annoncé sa dissolution, officialisant le retrait de l’armée du pouvoir exécutif. Le colonel Ulrich Manfoumbi, porte-parole du CTRI, a précisé que « la prestation de serment met fin à la présidence de transition et conduit au retour des militaires dans leurs casernes ».
De grands défis économiques et sociaux
À la tête d’un pays riche en pétrole mais frappé par la pauvreté, Oligui Nguema devra faire face à de multiples défis : chômage des jeunes avoisinant les 40 %, réseaux électriques vétustes, endettement croissant (près de 80 % du PIB) et infrastructures en ruine.
Le président a promis de poursuivre sa politique de « bâtisseur », entamée durant la transition, avec le lancement de nombreux chantiers. Il a également placé la lutte contre la corruption et l’impunité au cœur de son projet politique, déclarant vouloir mettre fin au « laxisme et à la paresse » dans la gestion de l’État.
Conclusion : un nouveau chapitre à écrire
L’investiture de Brice Oligui Nguema marque une étape cruciale pour le Gabon, entre espoir démocratique et incertitudes économiques. S’il souhaite véritablement incarner une rupture avec l’ère Bongo, il devra démontrer sa capacité à gouverner en civil, garantir des institutions solides et répondre aux attentes sociales pressantes. Le test des élections législatives à venir constituera sans doute le premier jalon de cette nouvelle ère.
