Éthiopie : les coffee shops asphyxiés par la flambée des prix du café

Éthiopie : les coffee shops asphyxiés par la flambée des prix du café

Alors que les exportations de café éthiopien atteignent des sommets grâce à la hausse spectaculaire des cours mondiaux de l’arabica, les gérants de coffee shops, eux, peinent à suivre. Dans un pays où le café est une tradition profondément ancrée, la hausse des prix bouleverse l’économie locale du secteur.

Une hausse des prix sans précédent

Addis-Abeba, 10 heures du matin. Meskil, ancienne hôtesse d’accueil reconvertie, ouvre son petit établissement, Nabek Coffee Shop. Depuis deux mois, elle fait face à des hausses imprévisibles du prix du café brut, acheté à Jimma ou au marché de Shola dans la capitale. « Il y a quelques mois, le kilo était à 450 birrs à Jimma. Maintenant, il dépasse parfois les 1 000 birrs ici à Addis », raconte-t-elle.

Cette envolée s’explique en partie par la hausse mondiale des prix de l’arabica, qui a franchi les 6,5 dollars le kilo en novembre 2024 – un record depuis 1997. À cela s’ajoutent des facteurs locaux : la sécheresse, la pénurie globale, et surtout la récente dévaluation du birr décidée en juillet dernier dans le cadre d’un accord avec le FMI.

Les acteurs du secteur sous pression

Même les grands noms du café, comme la marque Tomoca, sont touchés. « Cette année est exceptionnelle, jamais vue dans notre histoire », confie Kiroubel Siyoum, chef des opérations. Le prix du kilo, qui oscillait entre 300 et 500 birrs, a triplé, forçant l’entreprise à revoir ses tarifs. Une tasse servie à 85 birrs en janvier est aujourd’hui facturée 125.

Un impact culturel et social fort

Chez Nabek Coffee Shop, le tarif a lui aussi grimpé. Zola, habitué des lieux, s’en inquiète : « Payer 30 birrs pour un café, c’est lourd pour les habitués. Ici, le café, ce n’est pas juste une boisson, c’est un rituel, un moment social. »

L’Éthiopie reste le premier producteur de café d’Afrique, et près de la moitié de sa production est consommée localement. Mais avec la hausse des prix, un pan entier de la culture quotidienne pourrait être compromis.

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