Épidémie de choléra à Kinshasa : prise en charge et sensibilisation dans le bidonville de Pakadjuma

Épidémie de choléra à Kinshasa : prise en charge et sensibilisation dans le bidonville de Pakadjuma

Une capitale touchée en plein cœur

Depuis le début de l’année 2025, la République démocratique du Congo fait face à une résurgence inquiétante du choléra. Kinshasa, la capitale, n’échappe pas à la vague épidémique : près de 2 000 cas y ont déjà été enregistrés, sur plus de 35 000 à l’échelle nationale. Dix-sept des vingt-six provinces du pays sont désormais concernées, dont la mégalopole congolaise.
Dans ce contexte, plusieurs centres de traitement ont été ouverts à travers la ville, notamment à Pakadjuma, un bidonville densément peuplé situé à la périphérie de la commune de la Gombe.

À Pakadjuma, MSF mêle traitement et prévention

Médecins sans frontières (MSF) a inauguré fin juin un centre à Pakadjuma, qui ne se contente pas d’accueillir et soigner les malades : il devient aussi un lieu clé de sensibilisation. Désiré Bokassa, responsable de la promotion Santé chez MSF, pilote des actions de prévention au sein même de la communauté.
Son objectif : faire comprendre à la population les modes de transmission de la maladie, pour que chacun adopte les bons gestes. « Si les gens savent que l’infection passe par les mains, ils vont changer leurs comportements », insiste-t-il. Lavage régulier des mains, hygiène alimentaire, stockage sécurisé des aliments : les messages sont clairs et répétés sur le terrain.

La population mobilisée pour limiter la propagation

Sur place, la sensibilisation commence à produire ses effets. Des habitants comme maman Bébé, inquiète pour ses proches, affirment avoir adopté les consignes transmises par les relais communautaires. Elle veille désormais à diffuser les bonnes pratiques à ses enfants et petits-enfants.
Yannick, un jeune habitant, partage lui aussi sa vigilance : « Il faut se laver les mains avant de manger, éviter les aliments souillés par les mouches ou laissés à l’air libre. » Ces comportements simples, mais cruciaux, permettent de freiner la chaîne de transmission.

Une lueur d’espoir dans une lutte difficile

Pour Désiré Bokassa, l’impact de ces efforts communautaires est déjà mesurable. Une légère baisse du nombre de cas a été observée dans la semaine écoulée à Pakadjuma. « Les gens sont mieux informés et appliquent les mesures préventives », se réjouit-il. Reste à maintenir cet élan dans les semaines à venir, alors que l’épidémie reste loin d’être jugulée.

Conclusion

Face à une épidémie de choléra qui frappe durement Kinshasa, la mobilisation des acteurs de santé et des habitants de quartiers vulnérables comme Pakadjuma se révèle essentielle. La prise en charge médicale, couplée à une sensibilisation de proximité, commence à porter ses fruits. Si les efforts se poursuivent et s’intensifient, la capitale congolaise pourrait parvenir à endiguer cette crise sanitaire évitable, à condition de rester vigilante et solidaire.

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