Côte d’Ivoire : Le poivre de Tiassalé, un pari audacieux en quête d’excellence
Jean-Eudes Kacou, un agriculteur visionnaire
Dans un pays dominé par la culture du cacao et de l’anacarde, Jean-Eudes Kacou a choisi une voie singulière : celle du poivre. Producteur à Tiassalé, il incarne une nouvelle génération d’agriculteurs ivoiriens qui misent sur des cultures rares et bio. Inspiré par la passion de son défunt père et soutenu par sa famille, Jean-Eudes a lancé la marque Kapecé, en hommage à son père, Kacou Pierre-Clavere.
Une production bio et familiale
Kapecé, c’est plus qu’une marque : c’est une aventure humaine et écoresponsable. Refusant l’utilisation de produits chimiques depuis plus de onze ans, Jean-Eudes mise sur une agriculture respectueuse de l’environnement et de la santé de ses ouvriers. « On produit moins, mais mieux », affirme-t-il. Une philosophie qui privilégie la qualité à la quantité, avec un engagement fort envers ses collaborateurs, considérés comme des membres à part entière de la famille.
Un produit qui séduit les chefs et les tables abidjanaises
Le poivre de Tiassalé n’est pas passé inaperçu dans les cuisines de la capitale économique. Bruno Oustric, chef du restaurant de l’hôtel Tiama à Abidjan, en est un fervent ambassadeur. Il loue la diversité et l’intensité aromatique du produit : poivre noir, blanc, rouge ou frais… une palette de saveurs qui remplace avantageusement les produits importés, souvent onéreux.
Vers une IGP pour le poivre de Tiassalé
L’ambition de Jean-Eudes ne s’arrête pas là. À l’image du poivre de Penja au Cameroun, qui bénéficie d’une Indication Géographique Protégée (IGP), il rêve d’une reconnaissance officielle pour Tiassalé. L’objectif est double : garantir la qualité du produit et assurer des revenus durables aux producteurs. Pour Delphine Marie-Vivien, spécialiste au CIRAD, l’IGP représente un outil puissant de valorisation collective : « C’est une reconnaissance de la spécificité d’un produit et un levier économique fort ».
Tiassalé, future zone phare du poivre ivoirien ?
Jean-Eudes voit plus loin : structurer la filière, former d’autres producteurs, agrandir les surfaces cultivées. Il le répète : « Une hirondelle ne fait pas le printemps ». Son objectif est clair : faire de Tiassalé une zone emblématique de production de poivre en Côte d’Ivoire, avec une identité propre et reconnue au niveau régional et international.
Conclusion
Le poivre de Tiassalé, à travers l’histoire de Jean-Eudes Kacou et de la marque Kapecé, illustre la capacité d’innovation de l’agriculture ivoirienne. En alliant savoir-faire familial, respect de l’environnement et ambition de qualité, cette filière naissante incarne l’avenir d’un terroir qui veut s’affirmer. L’obtention d’une IGP serait un couronnement logique pour ce produit d’exception, et un formidable tremplin pour l’économie locale.
