Congo-Brazzaville : les riverains de l’usine Metssa se disent « livrés à eux-mêmes » un an après sa fermeture
Un an après l’arrêt des activités de l’usine Metssa Congo à Vindoulou, dans la banlieue de Pointe-Noire, les habitants dénoncent un abandon total des autorités et de l’entreprise. Malgré la reconnaissance d’un risque sanitaire lié au plomb, aucune prise en charge médicale n’a été engagée.
Une usine suspendue pour pollution au plomb
Metssa Congo, filiale d’un groupe basé à Dubaï, exploitait depuis 2013 un site de recyclage de batteries automobiles usagées. En 2023, des analyses menées avec l’appui d’Amnesty International ont révélé des taux de plomb dans le sang de certains habitants — y compris des enfants — jusqu’à 14 fois supérieurs aux normes de l’OMS. En juin 2024, les autorités congolaises ont ordonné l’arrêt des opérations, évoquant un danger réel pour la santé publique et l’environnement.
« Rien ne se fait » : la colère des habitants
Cyrille Traoré Ndembi, président du collectif des riverains, exprime sa frustration face à l’inaction persistante :
« C’est Metssa qui nous a rendus malades. Ils devraient financer les dépistages et les soins, mais rien ne bouge parce que les pouvoirs publics ne les contraignent pas. »
Depuis la fermeture du site, aucune mesure n’a été prise pour traiter les habitants contaminés ni pour surveiller l’état environnemental des lieux. Les riverains affirment n’avoir plus aucun contact avec les responsables de l’entreprise.
Une contamination toujours présente
Les habitants de Vindoulou vivent toujours au contact d’un environnement qu’ils savent toxique.
« Nous savons que nous sommes empoisonnés », alerte Cyrille Traoré. Il s’inquiète également de la pollution du sol et de l’eau, utilisée au quotidien :
« Boire l’eau du forage est devenu une source d’angoisse. »
Il met en garde contre l’inaction prolongée :
« Faut-il attendre des morts en série pour réagir ? »
Conclusion
La situation des riverains de Vindoulou illustre une crise sanitaire et environnementale négligée. Malgré la reconnaissance officielle des dangers liés aux activités de Metssa Congo, les victimes attendent toujours justice, soins et réparation. Leur appel pressant vise à réveiller les autorités face à une pollution dont les effets continueront de peser sur leur santé si rien n’est fait.
