Centrafrique : trois mois de détention pour le journaliste Landry Nguéma Ngokpélé
En République centrafricaine, cela fait trois mois que Landry Nguéma Ngokpélé, directeur de publication du Quotidien de Bangui, est incarcéré à la maison d’arrêt de Ngaragba. Arrêté puis placé sous mandat de dépôt le 14 mai 2025, il reste derrière les barreaux malgré une requalification de ses charges.
Des accusations initiales lourdes
À l’origine, le journaliste était poursuivi pour « complicité de rébellion », « diffusion d’informations tendant à causer des troubles à l’ordre public » et « incitation à la haine ou à la révolte ». Ces accusations graves, liées à des motifs restés flous, avaient justifié son placement en détention préventive.
Requalification en délit de presse
En juillet, les charges ont été requalifiées en simple délit de presse. Selon la législation centrafricaine, cette infraction dépénalisée devrait entraîner sa remise en liberté. Pourtant, Landry Nguéma Ngokpélé demeure emprisonné, ce qui suscite l’indignation de la profession.
Mobilisation des journalistes centrafricains
Jean-Fernand Koena, vice-président de l’Union des journalistes centrafricains, demande sa libération immédiate, rappelant que « le délit de presse étant dépénalisé, sa place n’est pas en prison ». Le 3 mai, lors de la Journée mondiale de la liberté de la presse, ses confrères avaient déjà boycotté les célébrations officielles pour protester contre son maintien en détention.
Conclusion
Le cas de Landry Nguéma Ngokpélé met en lumière les tensions persistantes entre liberté de la presse et pratiques judiciaires en Centrafrique. Malgré la dépénalisation du délit de presse, le journaliste reste détenu, symbole d’une situation où la loi peine encore à garantir pleinement les droits fondamentaux des professionnels de l’information.

Merci pour cette analyse qui apporte un vrai éclairage.