Centrafrique : insécurité persistante dans le nord-ouest et le sud-est du pays
Des exactions armées paralysent les zones rurales
Dans le nord-ouest et le sud-est de la République centrafricaine, la situation sécuritaire reste extrêmement préoccupante. De nombreux témoignages rapportés par les habitants des régions concernées évoquent la présence quasi-permanente de groupes armés qui opèrent en toute impunité dans les zones rurales, en dépit de la présence des Forces armées centrafricaines (FACA) et de leurs alliés russes du groupe Wagner.
Dans le nord-ouest, autour des localités de Bozoum, Garo, Gouzé, Boforo ou encore Kparé, des hommes armés posent des mines artisanales, dressent des embuscades et commettent des pillardages fréquents. Gédéon, habitant de Garo, témoigne :
« Chaque semaine, il y a des tueries, des véhicules piégés, et l’armée n’arrive qu’après. »
Malgré les promesses de trêve entre groupes armés et gouvernement, les attaques continuent de paralyser l’économie locale, notamment l’élevage et les cultures vivrières. Les rebelles, très mobiles, se retirent aussitôt après leurs exactions, rendant toute riposte difficile.
Le sud-est pris dans un conflit à multiples acteurs
La situation n’est guère meilleure dans le sud-est, notamment dans la préfecture du Haut-Mbomou, où les affrontements opposent les miliciens Azande Ani Kpi Gbe, les FACA, des supplétifs de la rébellion UPC, et les forces de Wagner.
Depuis la mi-mai, une accalmie partielle est observée dans certaines zones proches de Mboki, Obo et Zemio, ce qui a incité quelques habitants à tenter de regagner leurs villages. Toutefois, l’insécurité demeure : des groupes armés continuent de harceler les populations civiles, provoquant une flambée des prix alimentaires, un repli des services sociaux et des tensions humanitaires croissantes.
L’exode vers les grandes villes se poursuit
Face à l’intensification des violences et à l’effondrement de l’économie locale, de nombreux habitants fuient les zones rurales pour chercher refuge dans les grandes villes contrôlées par les forces loyalistes. Ces déplacements internes s’accompagnent de pressions sur les infrastructures urbaines déjà limitées, aggravant ainsi la crise humanitaire.
Un gouvernement sous pression
Le gouvernement centrafricain affirme avoir pris conscience de la gravité de la situation et annonce la mise en œuvre de nouvelles stratégies de sécurisation. Mais sur le terrain, la population reste sceptique, tant les attaques demeurent régulières et les forces armées semblent débordées.
Conclusion : une urgence sécuritaire et humanitaire
La persistance des violences armées dans le nord-ouest et le sud-est de la Centrafrique souligne les failles profondes dans le contrôle territorial et la capacité de réponse des autorités. Tandis que les groupes rebelles imposent leur loi, les populations civiles continuent de payer le prix fort, entre déplacements forcés, appauvrissement et insécurité chronique. Dans ce contexte, la restauration de l’autorité de l’État et l’instauration d’un dialogue inclusif avec les communautés locales apparaissent comme des priorités absolues pour mettre fin à cette spirale de violences.
