Burkina, Mali et Niger : l’hymne de l’AES retentit pour la première fois dans les palais présidentiels
Une couverture régionale menacée par la crise financière
Créé en janvier 2024 pour faire face à l’augmentation des flux migratoires dus à la crise sécuritaire au Sahel, le bureau multi-pays du HCR basé à Abidjan soutient actuellement près de 184 500 réfugiés répartis entre la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Bénin et le Togo.
Cependant, confrontée à un déficit critique de financement, l’agence onusienne s’apprête à réduire drastiquement ses activités d’ici fin 2025. Le représentant multi-pays, Olivier Beer, alerte : « La crise financière est venue soudainement. Elle est très importante. »
Un budget en chute libre : 84 % des besoins non couverts
Pour répondre aux besoins humanitaires estimés à 57 millions de dollars en 2025, le HCR n’a à ce jour reçu que 16 % de ce montant. Conséquence : une réduction importante des effectifs et l’arrêt de plusieurs programmes opérationnels essentiels.
L’organisation maintiendra une présence minimale dans les quatre pays, tout en soutenant les gouvernements locaux dans la reprise progressive des missions humanitaires.
La Côte d’Ivoire en première ligne
La situation est particulièrement critique en Côte d’Ivoire, qui accueille à elle seule environ 80 000 demandeurs d’asile. Des services essentiels comme l’identification, la surveillance des frontières, ou les soins de première nécessité, sont déjà fortement ralentis.
Un appel pressant à la solidarité internationale
Face à cette urgence, le HCR appelle la communauté internationale à intensifier son soutien financier pour éviter une dégradation des conditions de vie des réfugiés. En Côte d’Ivoire, les besoins humanitaires prioritaires sont estimés à 12 millions d’euros, couvrant notamment l’alimentation, la santé, l’éducation et la cohésion sociale.
Une conférence ministérielle prévue début juillet à Lomé devra poser les bases d’une stratégie régionale de gestion des réfugiés, dans un contexte de fragilité croissante.
Conclusion
La baisse imminente des activités du bureau sous-régional du HCR basé en Côte d’Ivoire met en péril l’assistance humanitaire à près de 200 000 réfugiés d’Afrique de l’Ouest. Sans un sursaut de solidarité internationale, les États côtiers devront assumer seuls une responsabilité croissante, avec des moyens limités face à des besoins urgents. La conférence de Lomé apparaît dès lors comme un tournant crucial pour l’avenir de la gestion régionale des réfugiés.
