Angola : des milliers de manifestants à Luanda contre la vie chère

Angola : des milliers de manifestants à Luanda contre la vie chère

Une nouvelle journée de colère populaire

Ce samedi 19 juillet 2025, des milliers d’Angolais sont descendus une fois de plus dans les rues de Luanda pour protester contre la flambée du coût de la vie. À l’origine de cette mobilisation : l’augmentation brutale du prix du carburant, passé de 300 à 400 kwanzas début juillet, qui a entraîné une hausse significative des tarifs des transports en commun, grevant davantage le budget des ménages.
Des pancartes accusatrices étaient brandies contre le MPLA, au pouvoir depuis un demi-siècle, avec des slogans tels que : « Le MPLA a bu tout le pétrole ».

La jeunesse en première ligne

Cette mobilisation a été initiée par un nouveau mouvement étudiant, particulièrement actif et déterminé. Francisco Teixeira, son président, a dénoncé la surdité du gouvernement de João Lourenço face aux revendications de la jeunesse.
Les manifestants, majoritairement des étudiants, réclament aussi une baisse des frais de scolarité et un meilleur financement des universités. « Nous protestons contre un régime oppresseur et dictateur. Baissez le carburant et les frais d’université ! », clame une jeune manifestante.
La manifestation visait à rejoindre le ministère des Finances, mais les forces de l’ordre ont bloqué l’accès au cortège, malgré un trajet préalablement déclaré, provoquant de nouvelles tensions et arrestations.

Une économie pétrolière en crise

La colère populaire s’inscrit dans un contexte économique particulièrement tendu. Malgré son statut de producteur de pétrole, l’Angola peine à convertir cette richesse en progrès social. Plus des deux tiers des recettes fiscales dépendent du secteur des hydrocarbures, rendant le pays vulnérable aux fluctuations du marché et incapable de subventionner durablement les carburants.
La dépréciation de la monnaie, combinée aux mesures de substitution aux importations, a provoqué une inflation alimentaire, selon le FMI. De plus, la moitié du budget national est consacrée au remboursement de la dette, limitant les marges de manœuvre du gouvernement.

Une diversification économique encore timide

Pour tenter de sortir de cette impasse, le gouvernement angolais mise sur l’agriculture et le tourisme, mais les retombées restent faibles pour la population. L’agriculture demeure fragile face aux effets du changement climatique, tandis que le tourisme est encore en phase de décollage.
En parallèle, les inégalités s’accentuent : en 2023, 1 % des plus riches concentraient plus d’un quart des revenus nationaux, creusant un fossé social de plus en plus insupportable.

Conclusion

La manifestation de ce 19 juillet à Luanda reflète un mécontentement profond et généralisé. Entre pouvoir d’achat en chute libre, inégalités croissantes et absence de perspectives économiques tangibles pour la jeunesse, la population exprime un ras-le-bol face à un modèle économique incapable d’assurer une redistribution équitable. Le prochain rassemblement annoncé pour le 26 juillet s’annonce déjà comme un nouveau test de résistance pour un régime confronté à une colère sociale de plus en plus structurée.

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