Comment les économies africaines peuvent sortir du piège de la dette
Les dirigeants africains étaient réunis à Lomé, au Togo, jusqu’au 14 mai 2025, pour aborder une question cruciale : celle de la dette publique croissante sur le continent. Chefs d’État, ministres des Finances et experts ont débattu des moyens de sortir du piège du surendettement, appelant à des solutions urgentes et concrètes.
Une dette en hausse et des appels à un changement de paradigme
La dette publique des pays africains a fortement augmenté au cours de la dernière décennie. Cette situation inquiète les dirigeants, qui estiment qu’il est temps de « changer de paradigme ». La déclaration finale de la conférence de Lomé insiste sur l’urgence d’intervenir pour éviter une crise généralisée.
Des réformes structurelles indispensables
Renforcer les institutions nationales
Les dirigeants appellent à des réformes internes portées par les États eux-mêmes. Le renforcement des institutions publiques et la lutte contre les flux financiers illicites — estimés à 90 milliards de dollars de pertes annuelles — sont des priorités.
Accroître la coopération internationale
Une plus grande solidarité internationale est aussi nécessaire. Le continent doit pouvoir peser davantage sur les décisions économiques mondiales en parlant d’une seule voix.
Pour une réforme de l’architecture financière mondiale
Le ministre togolais des Finances, Georges Essowè Barcola, a plaidé pour une révision de l’architecture financière internationale. Il s’agit de construire un système plus inclusif et représentatif, capable de répondre aux réalités africaines.
Plaidoyer pour des annulations de dette au cas par cas
Conscients des contraintes économiques spécifiques à chaque pays, les participants soutiennent l’idée d’annulations de dette ciblées, tenant compte de l’incapacité réelle de certains États à assurer leur service de la dette. Une nouvelle réunion est prévue d’ici 2026 pour faire le point sur les avancées.
Le cas du Togo : une illustration des tensions autour de la dette
Les critiques de l’opposition togolaise
En marge de la conférence, des opposants togolais ont questionné l’usage de la dette par le régime en place. Selon eux, malgré une dette qui approche les 70 % du PIB, peu d’infrastructures visibles justifient les emprunts réalisés.
Une problématique régionale selon les économistes
L’économiste Kako Nubukpo souligne que le Togo n’est pas un cas isolé. Dans l’espace UEMOA, les économies souffrent d’un déséquilibre structurel : une base productive étroite face à une demande sociale croissante, conduisant à des déficits budgétaires récurrents.
Conclusion : Un chantier complexe mais incontournable
Sortir du piège de la dette nécessite une action à plusieurs niveaux : réforme des institutions, mobilisation contre les flux financiers illicites, renforcement de la voix africaine dans les instances financières mondiales, et soutien des bailleurs à travers des annulations ou restructurations ciblées. Les États africains devront conjuguer volontarisme politique et coopération internationale pour desserrer l’étau de la dette et poser les bases d’un développement durable.
