Le Niger s’associe à l’homme d’affaires kenyan Kamlesh Pattni pour la création de sa première raffinerie d’or
Un partenariat controversé avec Kamlesh Pattni pour l’ouverture de la première raffinerie d’or au Niger
Le gouvernement du Niger a annoncé, le 23 avril 2025, la signature d’un partenariat avec la société Suvarna Royal Gold Trading, dirigée par l’homme d’affaires kenyan Kamlesh Pattni, afin de créer une co-entreprise dédiée à l’implantation de la première raffinerie d’or du pays. Ce projet est accompagné de la création d’une usine de fabrication de bijoux, dans le but de renforcer l’industrialisation de la filière aurifère nigérienne. Cependant, ce partenariat suscite de vives critiques au sein de l’opinion publique en raison des antécédents douteux de l’homme d’affaires.
Les critiques sur Kamlesh Pattni et son passé sulfureux
Kamlesh Pattni est une figure controversée, et son association avec le Niger a provoqué des inquiétudes. En décembre dernier, il a été placé sous sanctions par les États-Unis et le Royaume-Uni pour son implication dans un trafic illicite d’or au Zimbabwe. Le Département américain du Trésor a accusé Pattni de s’être engagé dans un commerce frauduleux, privant ainsi les citoyens zimbabwéens des bénéfices de leurs ressources naturelles, tout en enrichissant des fonctionnaires corrompus et des criminels.
Le passé de Kamlesh Pattni n’est pas moins tumultueux au Kenya, où il a été lié au scandale Goldenberg dans les années 1990. Ce scandale impliquait un vaste détournement de fonds publics à travers des incitations frauduleuses à l’exportation d’or et de diamants. Après avoir fui le pays, Pattni a vu les charges abandonnées contre lui, ce qui lui a permis de revenir à Nairobi.
Le point de vue du gouvernement et des opposants
Malgré ces antécédents, le ministre des Mines du Niger a salué ce partenariat comme un projet « révolutionnaire » qui pourrait apporter des avantages substantiels à l’économie du pays. Il souligne que la raffinerie d’or et l’usine de bijoux contribueront à valoriser la filière aurifère et à générer des bénéfices pour les Nigériens.
Cependant, plusieurs voix, tant au Niger qu’à l’international, remettent en question la crédibilité du gouvernement en raison de cette collaboration avec une personnalité aussi controversée. Pour beaucoup, un tel partenariat pourrait ternir l’image du pays sur la scène mondiale et soulever des préoccupations concernant la transparence et la gouvernance dans le secteur des ressources naturelles.
Conclusion
Alors que le gouvernement du Niger voit en ce projet une opportunité de développer son secteur aurifère, les critiques à l’égard de Kamlesh Pattni soulignent les risques potentiels pour la réputation internationale du pays. Le Niger devra donc naviguer avec prudence pour assurer la transparence et éviter que ce partenariat ne devienne une source de tensions ou de scandales à l’avenir.

Une analyse qui enrichit le débat public.