Afrique : Soulagement après le recul de Donald Trump sur les droits de douane
Une suspension saluée mais un climat d’incertitude persiste
La décision du président américain Donald Trump de suspendre pour 90 jours l’application de certains droits de douane a été accueillie avec soulagement dans plusieurs pays africains, notamment en Afrique du Sud, en Côte d’Ivoire et à Madagascar. Initialement, Pretoria devait faire face à une taxe de 30 %, notamment sur ses exportations d’agrumes, un secteur vital pour son économie.
« Nous avons été soulagés par cette annonce, d’autant que cela coïncide avec le lancement de la saison d’exportation », a déclaré Boitshoko Ntshabele, PDG de la Citrus Growers’ Association (CGA). Toutefois, la taxe globale de 10 % imposée par Washington reste en vigueur, ce qui annule en grande partie les avantages offerts par l’AGOA, accord qui permettait aux pays africains d’exporter sans frais vers les États-Unis.
Un impact direct sur les secteurs agricoles et industriels
Deuxième exportateur mondial d’agrumes, l’Afrique du Sud espère encore obtenir une exemption tarifaire durable, en rappelant que ses exportations ne concurrencent pas directement celles des États-Unis puisqu’elles se font en contre-saison. Mais au-delà du secteur agricole, l’automobile reste aussi sous pression. La surtaxe de 25 % appliquée aux véhicules est toujours en place, affectant un pan stratégique de l’industrie sud-africaine.
Pour Ayabonga Cawe, membre de la Commission sud-africaine du commerce extérieur (ITAC), l’enjeu dépasse les seuls chiffres :
« L’incertitude freine les investissements, complique les décisions d’implantation d’usines, et ralentit la création d’emplois. »
Face à cette volatilité commerciale, Pretoria intensifie ses discussions bilatérales avec Washington tout en explorant de nouveaux marchés d’exportation.
Un répit bienvenu à Abidjan et Antananarivo
En Côte d’Ivoire, ce moratoire de trois mois est perçu comme une fenêtre d’opportunité. Les États-Unis représentent 4 % des échanges commerciaux ivoiriens, avec en tête les exportations de cacao. Le ministre de l’Agriculture, Kobénan Kouassi Adjoumani, s’est montré rassurant sur la situation, estimant que le pays pourrait s’adapter.
Du côté de Madagascar, le secteur privé, qui reste dépendant de l’AGOA pour plusieurs produits, accueille cette suspension avec soulagement, tout en appelant à une stabilisation durable des règles commerciales.
Conclusion : Un répit, mais pas une garantie
Bien que la suspension temporaire des taxes américaines offre un bol d’air à plusieurs économies africaines, elle souligne aussi la fragilité des accords commerciaux en période d’instabilité politique à Washington. Pour de nombreux pays du continent, la priorité reste désormais de diversifier leurs partenaires économiques et de bâtir des alliances commerciales plus résilientes.
