Mali : l’ex-Premier ministre Choguel Maïga placé sous mandat de dépôt
Une inculpation pour « atteinte aux biens publics »
L’ancien Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, a été inculpé mardi 19 août pour « atteinte aux biens publics » et placé sous mandat de dépôt. Selon un communiqué publié par son avocat, Me Cheick Oumar Konaré, la décision a été prise par la Chambre d’instruction de la Cour suprême après une garde à vue de sept jours au Pôle économique et financier.
Des accusations contestées par Choguel Maïga
Le dossier repose sur un audit du Vérificateur général concernant sa gestion financière lorsqu’il était à la primature. Accusé de malversations, l’ex-chef du gouvernement rejette fermement les charges : « Un homme politique doit s’attendre à tout, y compris la prison et la mort », a-t-il déclaré. Déjà, en juillet, il dénonçait sur les réseaux sociaux une instrumentalisation des organes de contrôle par certains responsables politiques, affirmant n’avoir rien à se reprocher.
Une affaire à connotation politique ?
Ses partisans dénoncent un « règlement de compte ». Amara Bathily, membre du mouvement M5-RFP, accuse la junte de chercher à museler ses opposants : « À chaque fois, ils cherchent des prétextes pour le faire taire. » Pour beaucoup, cette affaire s’inscrit dans une stratégie des militaires visant à neutraliser les figures civiles critiques alors que le pays fait face à une insécurité grandissante, avec plus de 500 villages sous contrôle de groupes armés.
Le parcours d’un Premier ministre limogé
Nommé en 2021 par le général Assimi Goïta, Choguel Maïga avait été écarté fin 2024 après avoir dénoncé son exclusion des prises de décision stratégiques, notamment sur la prolongation de la transition militaire. Huit de ses anciens collaborateurs ont également été interpellés dans le cadre du même dossier : certains ont été placés sous mandat de dépôt, d’autres remis en liberté ou renvoyés devant le Pôle économique et financier.
Conclusion
L’inculpation de Choguel Maïga, figure politique clé de la transition malienne, soulève de nombreuses interrogations. Alors que ses partisans dénoncent un procès politique destiné à affaiblir l’opposition, le dossier judiciaire repose sur des accusations de mauvaise gestion financière que l’ancien Premier ministre conteste avec force. Son procès, dont la date n’a pas encore été fixée, s’annonce comme un moment crucial, révélateur des tensions entre civils et militaires dans un Mali toujours fragilisé par l’insécurité et la crise politique.
