Centrafrique : « Les conditions ne sont pas réunies pour des élections »
Un quadruple scrutin prévu malgré les inquiétudes
Le premier tour de la présidentielle, les législatives ainsi que les élections municipales et régionales sont annoncés pour le 28 décembre 2025. Mais pour Anicet-Georges Dologuélé, ancien Premier ministre et président du parti Urca, les conditions actuelles rendent impossible la tenue d’élections transparentes et crédibles.
Une autorité électorale fragilisée
L’opposant pointe du doigt l’Autorité nationale des élections (ANE), jugée incapable de remplir sa mission. Sans financement suffisant, avec une révision du fichier électoral inachevée et des difficultés organisationnelles persistantes, l’ANE ne serait pas en mesure de gérer quatre scrutins simultanément. Selon Dologuélé, même les précédentes élections présidentielles et législatives avaient posé problème, alors que la charge électorale était bien moindre.
Un déficit de confiance entre pouvoir et opposition
Malgré les appels du président Faustin-Archange Touadéra au dialogue, l’opposition dénonce un discours contradictoire, entre main tendue et accusations d’« ennemis de la paix ». Pour rétablir la confiance, Dologuélé propose la médiation d’un chef d’État d’Afrique centrale afin de permettre un dialogue neutre et apaisé.
Des financements extérieurs déterminants
Autre inquiétude : le manque de moyens financiers. Depuis 1993, la Centrafrique n’a jamais pu organiser seule ses élections. Le budget 2025 ne prévoit « aucun centime », rappelle Dologuélé, qui souligne la dépendance du pays à l’égard de l’Union européenne, de la France et de la Minusca. Selon lui, sans conditions claires et inclusives, il serait injustifiable que les bailleurs financent un processus électoral biaisé.
Une Constitution contestée
Enfin, l’opposant critique la Constitution de 2023, notamment les dispositions qui restreignent l’éligibilité à la présidence : exclusion des binationaux, mais aussi de toute personne dont les deux parents ne sont pas centrafricains d’origine. Pour lui, ces clauses créent des divisions artificielles et méritent d’être révisées dans le cadre d’un véritable dialogue politique.
Conclusion
À quatre mois du scrutin, la Centrafrique fait face à de sérieuses incertitudes électorales. Entre une autorité électorale affaiblie, un climat de méfiance entre opposition et pouvoir, et une dépendance financière vis-à-vis de l’étranger, les craintes de voir émerger un processus biaisé sont grandes. Pour Anicet-Georges Dologuélé, seule une réforme institutionnelle et un dialogue sincère permettront d’éviter que les élections de décembre ne plongent encore davantage le pays dans la crise.

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