En Gambie, la mort d’un bébé après une excision relance le débat sur cette pratique interdite

En Gambie, la mort d’un bébé après une excision relance le débat sur cette pratique interdite

Vive émotion en Gambie et au-delà de ses frontières après la mort d’une petite fille âgée d’à peine un mois, victime d’une hémorragie à la suite d’une excision. Le drame, survenu le 10 août 2025, a conduit la police gambienne à annoncer publiquement l’ouverture d’une enquête.

Une enquête ouverte et deux arrestations

La police a confirmé l’arrestation de deux femmes soupçonnées d’être impliquées dans la mutilation ayant entraîné la mort de l’enfant.
La famille, domiciliée à Wellingara, en banlieue de Banjul, avait conduit en urgence le bébé à l’hôpital, où son décès a été constaté à l’arrivée.

Les mutilations génitales féminines (MGF) sont interdites et criminalisées en Gambie depuis 2015, mais la pratique persiste, y compris dans les zones urbaines.

Une pratique toujours répandue malgré l’interdiction

En 2024, un vif débat au Parlement avait vu certains députés tenter de rétablir la légalité de l’excision. Les ONG et associations de survivantes avaient alors réussi à maintenir l’interdiction.
Ces organisations saluent aujourd’hui le fait que le personnel médical et la police aient signalé publiquement ce cas, rappelant que de nombreuses mutilations sont passées sous silence.

Selon elles, de plus en plus de familles choisissent de faire exciser leurs filles très jeunes, parfois dès la première semaine de vie, espérant que la guérison soit plus rapide et que l’acte reste invisible.

Le témoignage d’une survivante et militante

Pour Fatou Baldeh, survivante et fondatrice de l’organisation Women in Liberation and Leadership (WILL), cette tragédie illustre l’urgence de mettre fin définitivement aux mutilations génitales féminines.
Elle souligne que, par le passé, la police n’intervenait pas dans ce type de cas, et se félicite que les autorités aient, cette fois-ci, communiqué publiquement malgré les tabous et la crainte de représailles.

Elle rappelle que l’excision, quel que soit l’âge, reste dangereuse et peut être fatale. Elle appelle le gouvernement à appliquer strictement la loi et à prononcer les peines maximales contre les responsables afin de protéger les femmes et les filles du pays.

Conclusion

La mort de ce nourrisson ravive le débat sur les mutilations génitales féminines en Gambie et met en lumière les tensions entre tradition et droits humains. Alors que l’interdiction reste contestée par certains élus, ce drame rappelle que l’excision comporte toujours des risques mortels. Les prochains développements judiciaires seront scrutés de près par les défenseurs des droits des femmes, qui espèrent un signal fort de la part des autorités.

3 thoughts on “En Gambie, la mort d’un bébé après une excision relance le débat sur cette pratique interdite”

  1. Quand les écritures saintes nous disent que : mon peuple péri faute de connaissances, c’est ici vrai dans une certaine mesure.
    Ces actes odieux commis sur ce nourrisson, sont le signe patent de l’ignorance, qui atteint son paroxysme.
    Un nourrisson d’à peine quelques semaines, excisé ! punaise !
    Mais où va t’on ?
    Il est urgent que dans nos pays où ces pratiques persistent, de mener des campagnes de sensibilisation et de plaidoyer, sur les dangers de l’excision. D’instaurer des programmes de formation aux exciseuses, surtout dans les coins les plus reculés, à l’appui de vidéos sur ses conséquences mortelles.
    Favoriser la communication en mettant en place des numéros gratuits, pour l’alerte précoce.
    Sur le plan judiciaire, voter des lois sévères, criminalisantes et sans circonstances atténuantes, pour les auteurs de ces actes.
    Enfin, dans ce cas d’espèce, que les enquêtes judiciaires soient menées et que toutes personnes incriminées soient punies sévèrement, à la juste mesure.
    Et surtout, qu’on en fasse des exemples.
    À bon entendeur salut !!!

  2. Mais c’est incompréhensible en même temps désolent et d’au-temps plus ces pratiques sont interdites en Gambie
    Je penses que la loi doit s’appliquer dans toute sa rigueur pour donner un bon exemple a tous

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