Mozambique – Vague d’attaques jihadistes et zones d’ombre sur la réponse militaire

Mozambique – Vague d’attaques jihadistes et zones d’ombre sur la réponse militaire

Un déplacement massif de population

En l’espace de deux semaines, près de 60 000 habitants ont fui la province de Cabo Delgado, dans le nord du Mozambique, en raison d’une recrudescence des attaques jihadistes. Selon l’ONU, il s’agit du déplacement le plus important depuis février 2024.
Depuis fin juillet, un groupe affilié à l’organisation État islamique a revendiqué cinq assauts dans cette région stratégique où TotalEnergies prévoit de relancer, d’ici fin septembre, son projet gazier de plusieurs milliards de dollars.

Des insurgés toujours actifs

Le ministre mozambicain de la Défense a reconnu que le champ d’action des groupes armés s’est élargi. Abdul Tavares, du Centre pour la démocratie et les droits de l’homme, alerte :

« Malgré le déploiement de nouvelles forces rwandaises et mozambicaines, certaines zones, comme la région de Macomia, restent difficiles à contrôler. Les insurgés traversent la jungle et frappent les zones qu’ils visent. »

Il rappelle que les organisations civiles avaient prévenu des risques liés au retrait des troupes de la Sadec (Samim).

Une stratégie militaire opaque

Pour Abdul Tavares, la réponse sécuritaire soulève des interrogations :

« Il y a beaucoup de secrets. Pourquoi l’Union européenne finance-t-elle le contingent rwandais plutôt que directement l’armée mozambicaine ? Nous n’avons pas de réponse claire. »
Les forces tanzaniennes restent également présentes aux côtés des Mozambicains et des Rwandais, malgré le départ officiel de la mission régionale.

Un conflit meurtrier qui perdure

Depuis 2017, l’insurrection au Cabo Delgado a causé plus de 6 100 morts, dont 364 en 2024 selon le Centre d’études stratégiques de l’Afrique. L’attaque de Palma en mars 2021 avait marqué un tournant, avec plus de 800 victimes et l’arrêt du projet gazier d’Afungi.
La reprise de ce chantier, évalué à 20 milliards de dollars, pourrait intervenir dans les prochains mois, mais l’insécurité demeure un obstacle majeur.

3 thoughts on “Mozambique – Vague d’attaques jihadistes et zones d’ombre sur la réponse militaire

  1. Votre article met en avant des perspectives nouvelles. Concernant « Mozambique – Vague d’attaques jihadistes et zones d’ombre sur la réponse militaire », c’est un point de vue intéressant.

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