DIVERSION REJETEE : YOUSSOU NDOUR, UN TEMPO SANS FAUSSE NOTE
J’ai d’abord écrit un court post pour saluer cette nouvelle distinction que vous venez d’obtenir : une entrée à l’Académie des arts et des sciences du cinéma. Mais en vérité, ce n’était pas à la hauteur de ce moment, ni de votre trajectoire déjà jalonnée de tant d’autres couronnes.
Comme beaucoup de mes compatriotes, je dois reconnaître que longtemps, je n’ai connu de vous que l’artiste dont les chansons ont rythmé nos vies. Mais vous réduire à cela serait une erreur monumentale.
Le président Wade ne s’y était pas trompé. Vous apercevant un jour au fond d’une salle, il vous interpella devant un parterre de personnalités, au début de l’alternance. Barack Obama fit de même plus tard, vous abordant avec le respect que l’on réserve aux figures qui comptent.
Je me souviens aussi d’un soir, en 2002. Dans l’euphorie de notre première Coupe du monde, nous avions accueilli chez nous un Canadien, Jean-François. À mes questions sur ce qu’il savait de l’Afrique et du Sénégal, il me répondit :
« De l’Afrique et du Sénégal, je ne sais pas grand-chose… mais il y a deux sénégalais que je connais : Abdou Diouf et Youssou Ndour. »
Bien avant cela déjà, une stèle en centre-ville avait attiré mon attention. Deux noms y étaient gravés : Djily Mbaye et Youssou Ndour. Deux figures hors du commun, honorées au ministère de l’Éducation pour leur contribution au pays, bien au-delà de leur domaine d’activité.
Il est des hommes dont il vaut mieux ne pas être l’adversaire. Car on finit toujours par perdre deux fois : sur le ring… et chez le cardiologue, à force de voir briller de nouvelles étoiles sur leur maillot. Barack Obama l’a compris, comme tant d’autres qui se sont inclinés sans amertume.
Votre génie artistique n’est plus à démontrer : les disques d’or, les Grammy Awards, la chanson de la Coupe du monde, vos musiques de film… Tout cela fait désormais partie de notre patrimoine commun.
Mais au-delà de l’artiste, il y a l’homme. Celui qui a choisi de rester au Sénégal, d’y investir, de créer des emplois pour une jeunesse tentée par l’exil. Celui qui, bien avant beaucoup, avait compris qu’un artiste devait être la voix de sa communauté. Vous avez porté haut le combat pour l’annulation de la dette africaine, dénoncé l’apartheid à Wembley à la fin des années 80, et popularisé Mandela chez nous alors que bien des Sénégalais n’en connaissaient pas encore le visage.
Voilà pourquoi votre parcours force le respect. Pas de fausse note, le tempo est bon.
Moustapha DIOP

L’homme aux talents multiple
Très beau texte. Une icône de la musique sénégalaise, qui mérite d’être célèbrée. Sous son ombre, il a vendu la musique sénégalaise et porté haut, le flambeau national.
Vive la musique et le patrimoine culturel sénégalais !!!
Une analyse qui enrichit le débat public.