Soudan : La CPI alerte sur des « crimes contre l’humanité » en cours au Darfour

Soudan : La CPI alerte sur des « crimes contre l’humanité » en cours au Darfour

La Cour pénale internationale tire la sonnette d’alarme

Alors que le conflit continue de ravager le Darfour, dans l’ouest du Soudan, la Cour pénale internationale (CPI) a présenté, jeudi 10 juillet à New York, un nouveau rapport d’étape préoccupant. Selon la procureure adjointe de la Cour, il existe aujourd’hui « de bonnes raisons de penser que des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité sont toujours commis dans la région ». Une déclaration qui relance l’alerte sur la situation dramatique dans cette province longtemps marquée par les violences.

Un conflit toujours hors de contrôle

Depuis 2023, la guerre entre l’armée régulière soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) a replongé le Darfour dans le chaos. La région est une nouvelle fois le théâtre de massacres, de déplacements massifs de population et de violences ciblées, notamment contre les civils. « Les choses peuvent encore empirer », a averti la procureure adjointe, pointant le manque de coopération des autorités soudanaises.

Une coopération soudanaise quasi inexistante

La CPI a été saisie en 2005 par le Conseil de sécurité de l’ONU pour enquêter sur les crimes commis au Darfour. Depuis, seul un procès a été mené à son terme : celui d’Abd al-Rahmane, ancien chef milicien janjawid, dont le verdict est attendu en décembre 2025. Les principaux accusés, à commencer par l’ancien président Omar el-Béchir, n’ont jamais été livrés à la justice internationale. Le récent rapport note que si des témoignages ont pu être recueillis à Port-Soudan, l’accès au reste du territoire demeure extrêmement limité.

Appel à élargir les enquêtes

Lors de la session à l’ONU, le représentant soudanais, Idriss al-Harith Mohamed, a appelé la CPI à élargir ses investigations. Il demande que soient ciblés les acteurs extérieurs qui alimentent la guerre, notamment depuis les pays voisins. Selon lui, ces soutiens étrangers — trafiquants d’armes, fournisseurs de drones ou de nourriture, et mercenaires — contribuent à maintenir les milices et à établir « un gouvernement parallèle » sur des portions du territoire soudanais.

En mars dernier, Khartoum avait même porté plainte devant la Cour internationale de Justice contre les Émirats arabes unis, les accusant de soutenir les Forces de soutien rapide. Une démarche restée, pour l’instant, sans suite.

Une impunité persistante

Vingt ans après le début des premières enquêtes sur le Darfour, la justice internationale semble toujours impuissante face à la réalité du terrain. Les appels à la responsabilité des auteurs de crimes se heurtent à l’instabilité politique, à l’implication d’acteurs régionaux et au climat d’impunité qui persiste au Soudan.

Conclusion

La CPI appelle à une prise de conscience urgente face aux atrocités en cours au Darfour. Mais sans coopération concrète de Khartoum ni pression internationale renforcée, les victimes de ces nouveaux crimes risquent une fois de plus d’être oubliées dans les limbes de la justice internationale.

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