Soudan : L’OIM alerte sur une aggravation des déplacements au Darfour
Un conflit qui provoque des déplacements massifs
Depuis le début de la guerre civile au Soudan en avril 2023, opposant les Forces armées soudanaises et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), plus de 11 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Le Darfour, particulièrement touché par les violences, devient une zone critique où les déplacements forcés s’intensifient dangereusement.
El-Fasher, une ville assiégée au cœur de la crise
Dans la capitale du Darfour du Nord, el-Fasher, un million de personnes ont fui les combats. Depuis plus de 15 mois, la ville subit un siège brutal et des bombardements répétés de la part des FSR. Cette intensification des violences a vidé pratiquement tout le camp de déplacés de Zamzam, situé à 12 kilomètres de la ville, où 99 % des résidents ont fui, abandonnant leurs habitations, moyens de subsistance et infrastructures vitales.
Des réfugiés en quête de survie dans des conditions extrêmes
Face à cette crise, 75 % des habitants d’el-Fasher se sont déplacés vers Tawila, à 70 km, tandis que 10 % sont restés dans les environs. Une partie importante de la population a également traversé la frontière vers le Tchad, qui accueille désormais plus de 1,1 million de réfugiés soudanais. Ces populations déplacées souffrent de conditions humanitaires critiques : manque d’eau, de nourriture, d’abris et d’accès aux soins.
L’OIM redoute de nouveaux déplacements massifs
D’après l’OIM, près de deux millions de personnes déplacées se trouvent actuellement au Darfour du Nord, ce qui représente 20 % de la population déplacée à l’échelle nationale. L’organisation craint de nouvelles vagues de déplacements forcés, notamment au Darfour et au Kordofan, si les hostilités se poursuivent sans intervention humanitaire suffisante.
Conclusion
La situation humanitaire au Soudan, et particulièrement au Darfour, ne cesse de se détériorer sous l’effet des violences continues. L’OIM tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme face à l’ampleur dramatique des déplacements et au risque de crise humanitaire prolongée. La communauté internationale est appelée à agir rapidement pour soutenir les civils pris au piège de ce conflit et empêcher une catastrophe encore plus grande.
