Soudan : une attaque meurtrière sur un convoi humanitaire au Darfour
Une mission d’aide ciblée par la violence
Le 2 juin 2025, un convoi humanitaire de l’ONU a été violemment attaqué près d’El Fasher, dans le Darfour Nord, faisant au moins cinq morts, plusieurs blessés et détruisant une partie de la précieuse cargaison. Composé d’une quinzaine de camions du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’Unicef, le convoi acheminait une aide vitale depuis Port-Soudan à destination de cette ville assiégée par les Forces de soutien rapides (FSR).
Une attaque condamnée, des responsabilités floues
Les circonstances exactes de l’attaque restent floues. Tandis que l’armée soudanaise accuse les FSR d’avoir bombardé le convoi à l’aide de drones, les paramilitaires affirment que c’est l’armée qui a pris pour cible les camions. Eva Hinds, porte-parole de l’Unicef, a fermement condamné cette attaque : « Les camions étaient clairement siglés. Toute attaque sur un convoi humanitaire est inacceptable. » Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exigé une enquête urgente afin d’identifier les responsables de cette agression inqualifiable.
Une crise humanitaire qui s’aggrave à El Fasher
La ville d’El Fasher, dernier bastion de l’armée au Darfour, est sous siège depuis deux ans. Les conditions de vie y sont catastrophiques. Les habitants, piégés par les combats, souffrent d’un manque aigu de nourriture, de soins et de sécurité. La situation a empiré avec l’arrivée récente de milliers de déplacés, fuyant notamment l’attaque meurtrière du camp de Zam Zam. L’attaque du convoi prive une fois de plus ces populations d’une aide vitale.
Conclusion : l’humanitaire pris pour cible dans un conflit sans issue
L’attaque du convoi humanitaire au Darfour constitue un nouveau tournant tragique dans la guerre qui ravage le Soudan depuis 2023. Elle met en lumière le manque total de respect pour le droit humanitaire dans ce conflit où les civils paient un prix démesuré. Tant que les responsables ne seront pas identifiés et que la sécurité des humanitaires ne sera pas assurée, l’accès à l’aide pour les plus vulnérables restera gravement compromis.
