Centrafrique : un meeting de l’opposition bloqué par un groupe de jeunes à Bangui
Une manifestation autorisée mais empêchée
Le samedi 31 mai, un rassemblement politique organisé par le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) n’a pas pu se tenir comme prévu à Bangui. Le meeting, autorisé par les autorités et annoncé depuis un mois, devait se dérouler à 15h sur le terrain de l’Ucatex, dans le VIIIe arrondissement. Mais dès 13h, un groupe de jeunes avait déjà investi les lieux pour organiser un match de football, empêchant ainsi l’installation des militants de l’opposition. Cette obstruction a provoqué des tensions, des échauffourées, et même des agressions physiques.
Des violences dénoncées par l’opposition
Maître Crépin Mboli-Goumba, coordonnateur du BRDC, a dénoncé un acte de sabotage délibéré et organisé. Il affirme que des bus transportant des militants ont été pris pour cible, et que plusieurs participants ont été agressés, entraînant l’hospitalisation de deux d’entre eux. Il dénonce une atteinte grave à la démocratie : « C’est bien la preuve que c’est la démocratie qui est, aujourd’hui, bafouée », déclare-t-il. Le BRDC accuse directement le parti au pouvoir, le Mouvement Cœur uni, d’être à l’origine de ces violences.
Une version différente de la part des jeunes organisateurs
En face, les organisateurs du match se défendent de toute intention politique. Christian, un des responsables du tournoi, affirme que l’événement n’a aucun lien avec les soutiens du président Faustin-Archange Touadéra. Il explique que la finale du tournoi avait été initialement prévue pour la semaine précédente, mais repoussée à cause des intempéries. Le match aurait donc été reprogrammé ce samedi 31 mai, à l’occasion de la Fête des mères. Une coïncidence malheureuse, selon lui.
Le rôle controversé des forces de l’ordre
Au-delà des accusations réciproques, la gestion des événements par les forces de l’ordre est fortement critiquée. Maître Mboli-Goumba dénonce leur inaction, voire leur complicité : « Il y avait des forces de l’ordre sur le terrain qui ont pris manifestement fait et cause pour ceux qui nous agressaient », assure-t-il. Il affirme également que la Minusca, qui avait promis d’assurer la sécurité, a brillé par son absence. Le BRDC se dit abandonné, mais promet de poursuivre son engagement pour la défense de la démocratie.
Conclusion
Ce blocage du meeting du BRDC à Bangui est révélateur d’un climat politique tendu en Centrafrique, où la liberté d’expression et de réunion semble de plus en plus menacée. Qu’il s’agisse d’une simple coïncidence ou d’une manœuvre politique délibérée, l’incident fragilise davantage la confiance entre opposition, société civile et autorités. En l’absence d’un dialogue sincère et de garanties sur le respect des droits démocratiques, les tensions risquent de s’accentuer dans les semaines à venir.
