Guinée : Bras de fer tendu entre la junte et la société émirienne GAC autour de la bauxite
La junte accuse GAC de manquement à ses engagements industriels
En Guinée, les tensions montent entre le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) et la Guinea Alumina Corporation (GAC), filiale de la société émirienne Emirates Global Aluminium (EGA). En cause : le non-respect présumé d’un engagement-clé pris par la société, à savoir la construction d’une raffinerie d’aluminium sur le territoire guinéen. Pour la junte, la patience a atteint ses limites.
Un message sans détour de la présidence guinéenne
C’est le porte-parole de la présidence, Amara Camara, qui a vivement exprimé la position du pouvoir. Devant la presse, il a dénoncé l’inaction de GAC :
« GAC, conforme à sa convention de base, devrait développer une raffinerie ici en Guinée. Vingt ans après, aucune raffinerie. Notre bauxite est quand même en train de sortir. »
Ces propos marquent une volonté claire d’imposer un changement de cap dans la relation entre l’État guinéen et les grandes compagnies minières étrangères.
GAC se défend et appelle au dialogue
Face aux accusations, GAC a brisé le silence et rejeté les critiques. L’entreprise affirme avoir respecté toutes ses obligations contractuelles et se dit ouverte à la discussion, même si les négociations actuelles semblent dans l’impasse. Menacée de perdre son permis d’exploitation, la société rappelle son importance stratégique pour le pays.
Un poids économique difficile à ignorer
Avec plus de 12 millions de tonnes de bauxite extraites en 2024, GAC est le quatrième producteur national. L’entreprise emploie plus de 3 200 personnes et aurait versé 600 milliards de francs guinéens à l’État en 2022, soit environ 70 millions de dollars. Malgré cela, l’interdiction d’exporter reste en vigueur, signe que la junte entend imposer une nouvelle gouvernance minière, axée sur la transformation locale.
Conclusion
Le différend entre la junte guinéenne et la société GAC illustre les tensions croissantes autour de la gestion des ressources naturelles en Guinée. Si le gouvernement cherche à imposer la souveraineté économique par l’industrialisation locale, la confrontation avec des partenaires étrangers puissants reste délicate. Dans ce bras de fer, la capacité des deux parties à renouer le dialogue sera cruciale pour éviter un blocage durable aux conséquences économiques et sociales lourdes.
