Madagascar : des agriculteurs démunis face à la suppression de l’aide américaine
Une aide cruciale suspendue brutalement
Le programme « Food for Progress », porté par le ministère américain de l’Agriculture, devait injecter 15 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir l’agriculture dans les régions de Tuléar et Fort-Dauphin, au sud de Madagascar. Ce financement visait à mécaniser des cultures locales comme le manioc, la baie rose ou le café, et à former les agriculteurs à des techniques modernes. Sa suppression soudaine par l’administration Trump représente un véritable coup d’arrêt pour des dizaines d’entreprises locales qui comptaient sur ce soutien pour lancer leurs projets agricoles.
Le secteur privé local à la peine
Pour des investisseurs comme Emmanuel Costoyannis, à la tête du fonds malgache Miarakap, cette décision américaine laisse les entreprises locales en situation critique. Engagées dans des projets à fort risque et désormais privées de leur partenaire financier, elles voient leur avenir compromis. Le désengagement américain est perçu comme un abandon à un moment où les agriculteurs font face à une urgence climatique de plus en plus pressante.
L’espoir réside dans d’autres partenaires internationaux
Face à cette rupture, certains acteurs locaux gardent espoir. Houssein Mebobaly, fondateur de Malakass, souligne que d’autres bailleurs comme l’Union européenne ou la France pourraient prendre le relais. Pour lui, la transformation agricole est vitale non seulement pour l’export, mais aussi pour atteindre l’autosuffisance alimentaire. Il appelle à des investissements urgents pour sortir les rendements agricoles de leur stagnation actuelle, qu’il qualifie de « moyenâgeuse ».
Conclusion
La suspension du programme « Food for Progress » révèle la fragilité des dynamiques de développement rural à Madagascar, fortement dépendantes des aides extérieures. Si les acteurs locaux montrent une résilience certaine, la réussite de la transformation agricole dans le sud de l’île dépendra désormais de la capacité du pays à attirer de nouveaux soutiens internationaux. L’enjeu est double : moderniser l’agriculture et garantir la sécurité alimentaire dans un contexte climatique de plus en plus incertain.
