Rwanda–Singapour : un accord-cadre pour développer un marché carbone bilatéral

Rwanda–Singapour : un accord-cadre pour développer un marché carbone bilatéral

Une coopération climatique fondée sur l’article 6 de l’Accord de Paris

Le 6 mai 2025, le Rwanda et Singapour ont signé un accord-cadre bilatéral portant sur la création d’un marché carbone entre les deux pays. Ce partenariat s’inscrit dans le cadre de l’article 6 de l’Accord de Paris, qui autorise les États à coopérer pour atteindre leurs objectifs climatiques à travers des mécanismes de compensation d’émissions de gaz à effet de serre.

Ce type d’accord permet de mettre en œuvre des échanges de crédits carbone issus de projets concrets, un mécanisme rendu opérationnel lors de la COP Climat de Bakou en novembre 2024.

Une opportunité pour la compensation des émissions singapouriennes

Pour Singapour, cet accord représente un outil supplémentaire pour atteindre ses objectifs climatiques. Il permettra à l’État et à ses entreprises de compenser leurs émissions en finançant des projets environnementaux au Rwanda, comme la préservation de forêts ou le développement des énergies renouvelables.

Selon Marc Baudry, spécialiste de la tarification carbone, ce type de coopération est essentiel pour garantir que les crédits émis reflètent de véritables réductions d’émissions.

Des retombées économiques vertes pour le Rwanda

Le Rwanda, quant à lui, espère que cet accord débouchera sur la création d’emplois verts et sur le financement de projets de développement durable, bien que les projets précis n’aient pas encore été détaillés.

Vers une tarification de référence autour de 45 dollars la tonne

Si le prix de la tonne de carbone n’est pas officiellement fixé dans cet accord-cadre, il devrait se caler sur la tarification en vigueur à Singapour, où une taxe carbone est appliquée. Cette taxe est amenée à atteindre environ 45 dollars par tonne, un tarif considéré comme un prix de référence pour ce type d’échange bilatéral.

Ce montant reste toutefois inférieur à celui du marché européen du carbone, basé sur un système de quotas, mais les deux approches sont structurellement différentes.

Conclusion

L’accord signé entre le Rwanda et Singapour marque une avancée concrète dans l’utilisation des mécanismes de l’Accord de Paris pour créer des marchés carbone bilatéraux. Il offre une double opportunité : accompagner la transition énergétique de Singapour tout en soutenant le développement durable du Rwanda. Reste désormais à concrétiser cet engagement par des projets tangibles et mesurables sur le terrain.

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