Pape François : un testament pour la Création et pour l’humanité

Pape François : un testament pour la Création et pour l’humanité

En septembre 2015, devant le Congrès américain, le pape François lançait cet appel vibrant : « Traitez les autres avec la même passion et la même compassion que celles que vous souhaitez recevoir. » Dix ans plus tard, alors que la planète s’apprête à faire ses adieux au souverain pontife argentin, ces mots résonnent avec une acuité nouvelle.

Un hommage planétaire à un pape hors du commun

Ce samedi 26 avril, quelque 130 délégations étrangères, dont une cinquantaine de chefs d’État, assistent aux obsèques du pape François, aux côtés de millions de fidèles et de milliards de téléspectateurs. Si l’émotion est profonde chez les catholiques, l’hommage universel témoigne d’une reconnaissance plus large : celle de la sincérité, de la simplicité et de l’empathie dont François a su faire preuve tout au long de son pontificat. Des qualités devenues rares à l’heure où la brutalité et la force semblent dominer les relations internationales.

Avec des mots justes et des gestes forts, sans haine ni hostilité, François dénonçait les dérives d’un monde marqué par l’exclusion et l’indifférence. Son départ laisse une impression de vide, comme si la conscience collective perdait l’une de ses dernières voix morales. En attendant que son successeur prenne pleinement la relève, l’absence du pape François se fera cruellement sentir.

Faire vivre son héritage

Même disparu, François demeure populaire. Ne serait-il pas temps de remettre à l’honneur ses enseignements les plus puissants ?
Modeste, le pape n’a jamais cherché à créer un mouvement personnel, mais plusieurs de ses idées, déjà largement diffusées, continueront sans doute à croître.

Parmi ses combats majeurs : la protection de la planète, qu’il qualifiait dans son encyclique Laudato Si’ de « maison commune » à préserver. Il dénonçait également « la culture du déchet », et rappelait avec force : « La sauvegarde de notre environnement est la responsabilité de tous. Personne ne pourra dire : je n’y suis pour rien. »

Sur le front de la justice sociale, François appelait à corriger un monde où 20 % de l’humanité détiennent 80 % des richesses, soulignant l’indécence de la misère dans une époque d’abondance. « La pauvreté est un cri », rappelait-il, déplorant que des millions d’enfants soient encore affamés et privés d’éducation.

Les migrants constituaient également un repère éthique pour François. À Lampedusa, il avait dénoncé « la mondialisation de l’indifférence », qui banalise la souffrance des autres. Il posait la question qui dérange : pourquoi tant d’êtres humains doivent-ils fuir la guerre ou la faim pour survivre ?

Un avertissement prophétique

Face à l’indifférence générale, François avait averti : « Plus vous êtes puissant, plus vos actes ont de conséquences, et plus vous devez faire preuve d’humilité. Sinon, vous vous détruirez, et vous détruirez les autres. »
Au Congrès américain, il avait livré une règle d’or : traiter autrui avec autant de soin et de compassion que l’on en attend pour soi-même. Car « la mesure que nous utilisons pour les autres sera celle qui sera utilisée pour nous ».

Ignorer les appels des plus vulnérables, c’est courir le risque d’être soi-même abandonné lorsque viendra l’heure d’implorer.

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