Abdoulaye Bathily rend hommage au pape François : « Un humaniste visionnaire »
Un souvenir marquant en Centrafrique
À la veille des funérailles du pape François à Rome, Abdoulaye Bathily, ancien représentant spécial de l’ONU en Afrique centrale et aujourd’hui envoyé spécial du président sénégalais pour le Sahel, a tenu à rendre hommage à l’homme d’Église. Il se souvient particulièrement de sa visite en République centrafricaine en novembre 2015.
À cette époque, le pape François n’avait pas seulement rempli sa mission pastorale. Il s’était rendu dans la mosquée du quartier PK5 à Bangui pour rencontrer les chefs religieux musulmans, dans un geste fort en faveur du dialogue interreligieux. Selon Bathily, cette initiative avait contribué à accélérer le processus politique centrafricain, débouchant sur l’organisation des premières élections libres et démocratiques du pays en décembre 2015.
Un pape œcuménique et profondément humaniste
Pour Abdoulaye Bathily, le pape François était bien plus qu’un chef spirituel : c’était un véritable humaniste, porteur d’une vision œcuménique rare à notre époque. À travers ses actions et ses prises de position, il a rappelé l’importance du pluralisme religieux et de l’acceptation de la diversité humaine, des principes fondamentaux pour l’avenir du monde.
Bathily exprime également son regret que la disparition du souverain pontife survienne dans un contexte international troublé, marqué par une crise de leadership. Le pape François, par son autorité morale, incarnait selon lui une voix forte dont l’absence se fera cruellement sentir.
La nécessité d’un leadership fondé sur le dialogue
Revenant sur le document commun de 2019 signé par le pape François et le grand imam d’Al-Azhar, Bathily souligne la sagesse profonde de cet appel à reconnaître la diversité comme une volonté divine. Dans un monde en quête de stabilité, il affirme que seul un leadership responsable, respectueux de la pluralité, peut prévenir le chaos.
À titre personnel, Bathily s’inscrit dans cette démarche de dialogue et de réconciliation. Envoyé spécial auprès du Mali, du Niger et du Burkina Faso, il poursuit ses efforts pour rapprocher l’Alliance des États du Sahel (AES) et la CEDEAO, malgré les tensions actuelles.
Un optimisme affirmé face aux défis ouest-africains
Face aux fractures visibles entre l’AES et la CEDEAO, Abdoulaye Bathily refuse de céder au découragement. Il affirme que les peuples ouest-africains souhaitent rester unis, et que l’histoire et la géographie commandent cette cohésion. Il se dit optimiste quant à la possibilité de trouver un accord avant l’échéance du 29 juillet.
Conclusion
À travers son hommage au pape François, Abdoulaye Bathily rappelle l’importance des valeurs d’humanisme, de dialogue et de solidarité dans un monde en mutation. Son témoignage illustre à la fois l’impact profond qu’un leader moral peut avoir sur la paix et la cohésion, et l’urgence de continuer à œuvrer pour une Afrique de l’Ouest stable et unie. Plus que jamais, le besoin d’un leadership éclairé se fait sentir.
