Sénégal : La question du régime de libération sous caution relancée après l’affaire des fonds Covid-19
Le débat sur la libération sous caution face aux détournements de fonds publics
Au Sénégal, la question du régime de libération sous caution est au cœur des débats après l’affaire des Fonds force Covid-19. Récemment, une trentaine de personnes ont été arrêtées pour des faits de détournement de fonds publics liés à cette affaire. Toutefois, plusieurs d’entre elles ont été remises en liberté après avoir payé une caution. Cette pratique suscite des critiques, notamment de la part de certains observateurs et responsables politiques, qui jugent cette situation inacceptable.
La position de Alioune Ndao, député du Pastef
Alioune Ndao, député du mouvement Pastef et ancien procureur de la Cour de répression de l’enrichissement illicite, a exprimé son désaccord face à la libération sous caution dans de tels dossiers. Selon lui, le mandat de dépôt devrait être systématique dans les affaires de détournement de fonds publics. « Il ne faut plus se focaliser sur le remboursement des sommes détournées, mais privilégier la détention des mis en cause », a-t-il déclaré sur la radio RFM. De plus, il appelle à la saisie systématique des comptes et des biens des individus impliqués, affirmant que cela pourrait dissuader de futurs détournements.
Des textes jugés trop permissifs
Alioune Ndao estime que les lois actuelles sont trop permissives face à de telles pratiques, ce qui, selon lui, éloigne les politiques et la société civile. Il avertit également que cela pourrait créer une perception d’une justice à deux vitesses, où les plus riches et influents bénéficieraient de traitements de faveur. Un changement législatif, selon lui, est essentiel pour restaurer la confiance des citoyens dans le système judiciaire du pays.
Le point de vue des défenseurs des droits et de la société civile
D’un autre côté, certains membres de la société civile et Amadou Ba, un autre député de l’Assemblée nationale, estiment qu’il est important de maintenir un équilibre. Ba affirme que la société civile doit s’impliquer dans la lutte contre les détournements de fonds publics, mais souligne également la nécessité de respecter la présomption d’innocence. De plus, un avocat rappelle que le versement d’une caution n’implique pas un aveu de culpabilité et que cette mesure permet simplement de garantir la présence des mis en cause devant la justice.
Conclusion : Vers une réforme du régime de caution
Le débat autour de la libération sous caution dans les affaires de détournement de fonds publics reste ouvert. Tandis que certains réclament des mesures plus sévères, notamment la détention systématique des prévenus, d’autres insistent sur le respect des droits fondamentaux, tels que la présomption d’innocence. Une réforme législative pourrait bien être nécessaire pour trouver un équilibre entre lutte contre la corruption et garanties juridiques.

La libération sous caution est certes un régime juridique. Dans le cas d’espèce de la gestion des fonds COVID, ce régime que je qualifierait à tort ou à raison « d’exonerateur » ou encore de « dédouanement » pourrait prêter à confusion.
Pour éviter ce cas de figure, la gestion de ce dossier mériterait un traitement particulier qui met l’accent beaucoup plus à la fonction plutôt répressive de la loi. La transaction n’est pas de mise une fois que la culpabilité est établie.
Puis en aval, l’application stricte de la loi de par la répression menée à l’égard des inculpés sera une arme dissuasive pour toutes velléités futures de commettre ces actes répréhensibles.
Après tout » Dura l’ex, sed l’ex !!!! «