Burkina Faso : une liste de personnes recherchées qui divise l’opinion

Burkina Faso : une liste de personnes recherchées qui divise l’opinion

Une publication controversée du gouvernement militaire

Le 1er avril 2025, les autorités burkinabées ont dévoilé une liste de 32 personnes recherchées pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Si cette initiative vise principalement des figures du jihadisme, l’inclusion de journalistes, d’anciens responsables électoraux et de cyberactivistes suscite de vives réactions et alimente les craintes d’un durcissement du régime militaire.

Des leaders jihadistes parmi les plus recherchés

En tête de liste figure Jafar Dicko, chef du groupe Ansarul Islam, affilié à Al-Qaïda. Déjà ciblé par une prime de 175 millions de FCFA en 2023, il est accusé d’avoir orchestré plusieurs attaques meurtrières. D’autres figures jihadistes, comme Dicko Hamadoun et Bolly Oumarou Idrissa, sont également activement recherchées. Depuis 2015, ces groupes ont intensifié les violences, plongeant le Burkina Faso dans une instabilité persistante.

Une répression qui s’étend aux opposants et aux médias

Au-delà des jihadistes, la présence de journalistes et d’anciens responsables politiques sur cette liste suscite la controverse. Abdoulaye Barry et Newton Ahmed Barry, ex-présidents de la Commission électorale nationale indépendante, sont accusés de comploter contre la junte militaire. De plus, cinq cyberactivistes en exil, dont Naïm Touré et Aminata Raschow, sont également visés, connus pour leurs critiques ouvertes contre le pouvoir en place.

Un signal inquiétant pour la liberté d’expression

Cette liste est perçue par de nombreux observateurs comme un outil de répression politique, assimilant toute voix dissidente à une menace terroriste. La décision du gouvernement militaire risque d’exacerber les tensions entre la junte et la société civile, accentuant les inquiétudes sur un resserrement autoritaire du pouvoir.

Conclusion : une mesure aux répercussions politiques lourdes

Si la traque des groupes jihadistes est une priorité sécuritaire, l’élargissement de cette liste à des figures politiques et médiatiques alimente les craintes d’un recul des libertés au Burkina Faso. Cette initiative pourrait renforcer les divisions internes et compromettre davantage le climat politique déjà fragile du pays.

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