Dix ans de prison requis contre un ex-chef de la Banque centrale guinéenne
Contexte de l’affaire
Le 10 mars 2025, le procureur de la Cour de répression des infractions économiques et financières (Crief) en Guinée a requis une peine de dix ans de prison contre Ibrahima Chérif Bah, ancien gouverneur de la Banque centrale de Guinée (1996-2004). Il est poursuivi pour « détournement, enrichissement illicite et blanchiment ».
Les accusations portées contre Ibrahima Chérif Bah
Depuis décembre 2024, M. Bah est jugé par contumace à Conakry. Il est accusé d’un « décaissement sans trace » d’environ 10 millions de dollars durant son mandat à la tête de l’institution financière. Le procureur Aly Touré a également sollicité l’émission d’un mandat d’arrêt international, précisant que l’accusé est absent du pays. Selon ses proches, M. Bah se trouve à l’étranger pour des raisons médicales.
Réactions et implications politiques
Cette procédure judiciaire s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la corruption engagée par les autorités guinéennes. Toutefois, le climat politique reste tendu. Le général Mamadi Doumbouya, président de la transition en Guinée, a assuré qu’il n’y aurait pas de « chasse aux sorcières ». Cependant, l’opposition dénonce ce qu’elle considère comme une répression politique et une instrumentalisation de la justice à des fins de règlement de comptes.
La lutte contre la corruption en Guinée
Depuis son accession au pouvoir, le général Doumbouya a renforcé les actions contre la corruption et les infractions économiques. La Crief, créée pour juger ces infractions, est devenue un acteur clé dans le processus de répression. Toutefois, des critiques émergent concernant l’indépendance de la justice et l’équilibre des procédures.
Enjeux judiciaires et politiques
Cette affaire illustre les tensions entre la volonté gouvernementale de moraliser la gestion publique et les accusations d’instrumentalisation judiciaire. Le procès de M. Bah pourrait devenir emblématique de la lutte contre la corruption en Guinée, tout en alimentant les débats sur l’équité et la transparence des procédures judiciaires.
Conclusion
La réquisition de dix ans de prison contre l’ancien gouverneur de la Banque centrale de Guinée met en lumière les défis de la lutte contre la corruption dans le pays. Alors que le gouvernement s’efforce d’assainir la gestion économique, la question de l’impartialité judiciaire reste cruciale pour garantir la crédibilité du processus en cours.
