Fermeture massive d’églises de réveil au Cameroun : Lutte contre les abus et les illégalités
Une opération de grande envergure contre les églises illégales
Les autorités camerounaises ont lancé une vaste opération de fermeture des églises dites de réveil, accusées de fonctionner sans autorisation officielle. Seules les structures ayant obtenu un décret présidentiel sont légalement reconnues. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de lutte contre les dérives signalées au sein de ces communautés religieuses, notamment des cas d’extorsion des fidèles.
À Yaoundé, la capitale, l’arrondissement de Yaoundé 4 a été particulièrement touché par cette vague de fermetures. 188 lieux de culte ont été mis sous scellés, provoquant l’indignation des fidèles. Rosine Ndzana, une fidèle, exprime son désarroi :
« Ces églises nous apportent du réconfort. Beaucoup de Camerounais comptent sur elles pour tenir face aux difficultés. Sans elles, ma famille et moi serions perdus. »
Des églises accusées de nuisances et de fraudes administratives
Le ministère de l’Administration territoriale, en collaboration avec les services de renseignements et les autorités locales, a mené des enquêtes approfondies avant de passer à l’action.
Parmi les principaux motifs de fermeture figurent :
- La nuisance sonore excessive, qui suscite des plaintes répétées des riverains.
- L’utilisation frauduleuse de décrets présidentiels d’églises autorisées, moyennant des paiements mensuels de 50 000 à 100 000 francs CFA.
- La sous-traitance illégale de statuts religieux, avec des pasteurs monnayant leurs documents officiels à d’autres prédicateurs.
« Nous avons constaté que certains pasteurs utilisaient le décret présidentiel d’une autre église contre rémunération, un véritable chaos administratif, » déclare Elvis Akondi Mbahangwen, sous-préfet de Yaoundé 4.
Un encadrement plus strict du culte religieux au Cameroun
Le phénomène des églises de réveil s’est fortement développé ces dernières années, avec une prolifération de chapelles et de paroisses. Dans l’arrondissement de Yaoundé 4 seulement, 615 églises ont été recensées.
Face à ces abus administratifs et dérives sectaires, le gouvernement entend renforcer la régulation du secteur religieux.
Conclusion
La fermeture massive des églises illégales au Cameroun illustre la volonté des autorités de réguler un paysage religieux en pleine expansion. Si cette mesure vise à protéger les fidèles contre des pratiques douteuses, elle suscite également des réactions partagées, certains y voyant une atteinte à la liberté de culte. L’enjeu reste de trouver un équilibre entre le respect des règles administratives et la liberté d’exercice du culte.

Le thème est bien développé et accessible à tous.