Le Nigeria, premier fournisseur de gaz du Portugal en 2024
Une diversification énergétique accélérée en Europe
Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, l’Europe a renforcé ses efforts pour réduire sa dépendance au gaz russe. Dans ce contexte, le Portugal s’est tourné vers de nouveaux fournisseurs, et le Nigeria s’est imposé comme un acteur clé.
En 2024, le pays ouest-africain est devenu le premier fournisseur de gaz naturel liquéfié (GNL) du Portugal, représentant 51 % des importations, contre 40 % pour les États-Unis et 4,4 % pour la Russie. Cette évolution marque un changement majeur, alors qu’en 2021, la Russie comptait encore pour 15 % des importations portugaises.
Un marché mondial sous tension, une opportunité pour le Nigeria
L’interruption des flux de gaz russe vers l’Europe, notamment après la fin de l’accord de transit entre la Russie et l’Ukraine en 2024, a entraîné une concurrence accrue entre l’Europe et l’Asie pour l’accès aux cargaisons de GNL.
Le Nigeria tire parti de cette situation, grâce à sa capacité de production élevée, assurée par Nigeria LNG Limited (NLNG), qui produit environ 22 millions de tonnes de GNL par an. Contrairement au GNL américain, plus coûteux à transporter, le gaz nigérian bénéficie d’un avantage logistique, ce qui le rend plus compétitif pour les acheteurs européens.
Des perspectives de croissance avec de nouvelles infrastructures
Le Nigeria cherche à renforcer ses capacités d’exportation avec des projets d’expansion, notamment un septième train de liquéfaction qui pourrait augmenter sa production de GNL.
À plus long terme, un projet d’envergure pourrait transformer les flux énergétiques en Afrique de l’Ouest et en Europe : le gazoduc Nigeria-Maroc. Ce projet, qui traverserait plus de 10 pays africains avant d’être connecté au Gazoduc Maghreb-Europe (GME), permettrait d’acheminer jusqu’à 30 milliards de mètres cubes de gaz par an vers l’Europe.
Des défis à relever pour sécuriser l’approvisionnement
Malgré ces avancées, plusieurs obstacles demeurent :
- Instabilité sécuritaire : La région du delta du Niger reste marquée par des tensions et des attaques sur les infrastructures pétrolières et gazières, affectant la fiabilité des exportations.
- Concurrence africaine : L’Algérie et le Mozambique développent également leurs capacités d’exportation de GNL et pourraient rivaliser avec le Nigeria sur le marché européen.
- Financement des infrastructures : Le projet du gazoduc Nigeria-Maroc nécessite des investissements colossaux, et les autorités nigérianes doivent convaincre des partenaires financiers internationaux pour assurer sa réalisation.
Conclusion
Le Nigeria s’affirme comme un fournisseur clé de gaz pour le Portugal et, plus largement, pour l’Europe. Grâce à ses capacités de production élevées et à son avantage logistique, le pays profite de la reconfiguration des flux énergétiques mondiaux. Cependant, des défis sécuritaires, financiers et concurrentiels pourraient freiner son expansion sur le marché européen. Une stabilité accrue et des investissements dans les infrastructures seront essentiels pour consolider son rôle dans le secteur énergétique international.
