Lacrymogènes et arrestations lors d’une marche contre les féminicides au Kenya
Une manifestation pacifique réprimée violemment
Le mardi 10 décembre 2024, une marche pacifique contre les féminicides organisée à Nairobi, au Kenya, a été brutalement interrompue par la police. Des grenades lacrymogènes ont été tirées contre les manifestants, principalement des jeunes femmes, et plusieurs personnes ont été arrêtées, selon des journalistes sur place et des organisations de défense des droits humains.
La manifestation avait pour objectif de dénoncer la violence à l’égard des femmes et de réclamer des mesures urgentes contre les féminicides. Cette mobilisation faisait suite à un rapport de la Commission nationale kényane des droits de l’homme (KNCHR), qui a recensé 97 assassinats de femmes au cours des trois derniers mois.
Une réponse policière musclée
Le quartier central des affaires de Nairobi (CBD), où le rassemblement a eu lieu, a été le théâtre d’une importante présence policière. Des agents lourdement équipés ou en civil ont procédé à de nombreuses arrestations, visant notamment les manifestants portant des t-shirts arborant des slogans anti-féminicides.
« Le gouvernement fait partie du problème. Il n’y a aucune raison d’envoyer des policiers armés contre des gens qui portent des pancartes », a dénoncé Koneli, une manifestante de 38 ans.
Malgré la dispersion à plusieurs reprises par des grenades lacrymogènes, le rassemblement a continué de gagner en intensité, réunissant plusieurs centaines de femmes qui ont scandé des slogans tels que « Honte à vous ! » et « Éduquez vos fils ! ». Les manifestants se sont dirigés vers le parlement, exprimant leur colère face à l’inaction des autorités.
Des témoignages accablants
Une jeune femme de 22 ans a rapporté que les policiers ciblaient spécifiquement celles portant des messages revendicatifs sur leurs vêtements.
« Nous ne sommes pas violents, nous sommes ici pour défendre les droits des femmes », a affirmé une manifestante, Akinyi, avant d’être aspergée de gaz lacrymogène.
Un contexte alarmant
La publication récente des statistiques sur les féminicides par la KNCHR a suscité une vague d’indignation. En réaction, le président kényan William Ruto a qualifié cette situation de « tragique et inacceptable » dans un discours au parlement, tout en appelant la société kényane à s’attaquer au problème de la violence fondée sur le genre.
Condamnation des actions policières
Amnesty International et la Law Society of Kenya ont condamné la répression policière, la qualifiant d’attaque contre les droits fondamentaux.
« La réponse violente de la police, y compris l’arrestation de manifestants pacifiques, envoie un message glaçant aux citoyens qui exercent leur droit démocratique à protester », ont-elles déclaré dans un communiqué conjoint.
Conclusion : un appel à l’action
La violente répression de cette marche met en lumière la nécessité d’actions concrètes pour protéger les droits des femmes et garantir les libertés démocratiques au Kenya. Face à l’urgence de la situation, les manifestants et les organisations de défense des droits humains appellent à une réponse gouvernementale renforcée pour mettre fin à l’impunité et prévenir de nouveaux féminicides.
