Fin du sursis pour les pays de l’AES : la Cédéao toujours en pourparlers

Fin du sursis pour les pays de l’AES : la Cédéao toujours en pourparlers

Alors que l’échéance de six mois accordée par la Cédéao pour un retour éventuel du Mali, du Niger et du Burkina Faso expire ce mardi 29 juillet 2025, les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) confirment leur rupture avec l’organisation régionale. Mais les négociations sur les conditions de leur sortie se poursuivent, dans une relative opacité.

Aucun retour en arrière pour l’AES

Une période de grâce arrivée à terme

Depuis leur départ officiel de la Cédéao le 29 janvier dernier, les pays de l’AES bénéficiaient d’un délai de six mois pour éventuellement réintégrer l’organisation. Mais sans surprise, aucun des trois États n’a fait le moindre geste en ce sens.

Pour autant, les discussions autour des modalités pratiques du retrait restent ouvertes. La Cédéao avait maintenu jusqu’ici certains avantages aux ressortissants des pays concernés, notamment en matière de circulation, de commerce et d’accès aux programmes communautaires, le temps de trouver un terrain d’entente.

Des négociations techniques et discrètes

Une première rencontre à Bamako… puis plus rien

Une unique session de consultations a eu lieu en mai à Bamako, rassemblant les ministres des Affaires étrangères des trois pays et le président de la Commission de la Cédéao, Omar Alieu Touray. Elle avait permis de poser les bases des futures négociations sur les plans politique, sécuritaire, administratif et économique.

Mais depuis, plus aucun échange officiel n’a été rendu public. Des discussions techniques se poursuivraient néanmoins en coulisses. Sollicitées, les autorités maliennes n’ont pas communiqué sur l’état d’avancement.

Une équation diplomatique et sociale délicate

Préserver les populations sans encourager les départs

Les enjeux de cette séparation sont considérables : libre circulation des personnes, droits de douane, avenir des programmes de développement, remboursement des dettes contractées auprès de la BIDC… La Cédéao doit ménager l’intérêt des populations sans pour autant récompenser le départ de trois de ses membres.

« Quitter l’organisation doit avoir des conséquences, sinon cela créerait un précédent dangereux », commente une source diplomatique.

Un processus long et sensible

Le spectre du Brexit plane sur les négociations

Aucune date butoir n’a été fixée pour l’issue des négociations. Le processus pourrait s’inscrire dans la durée, à l’image du Brexit, dont les tractations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne avaient pris quatre ans. À la différence près qu’ici, les discussions avancent dans le silence quasi-total, sans implication directe des citoyens.

« L’objectif est de limiter l’impact sur les populations et les échanges », explique Baba Dakono, politologue malien. « Mais il faut aussi éviter de fragiliser davantage ce qu’il reste de la Cédéao. »

Conclusion : une sortie politique aux effets encore flous

La rupture entre l’AES et la Cédéao, bien que désormais actée, reste à formaliser dans ses conséquences concrètes. Les discussions en cours devront trouver un équilibre entre intérêts politiques, enjeux économiques et considérations sécuritaires, dans un contexte régional déjà tendu. L’enjeu est double : éviter une désintégration du bloc ouest-africain et préserver les droits et acquis des populations des deux côtés de la frontière institutionnelle.

2 thoughts on “Fin du sursis pour les pays de l’AES : la Cédéao toujours en pourparlers

  1. Une analyse qui éclaire les enjeux sociaux. Concernant « Fin du sursis pour les pays de l’AES : la Cédéao toujours en pourparlers », c’est un point de vue intéressant.

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