Burkina Faso : libération de plusieurs journalistes détenus depuis plusieurs mois

Burkina Faso : libération de plusieurs journalistes détenus depuis plusieurs mois

Des libérations symboliques dans un climat de répression

Le 21 juillet 2025, deux journalistes burkinabés, membres de l’Association des Journalistes du Burkina (AJB), ont été libérés après quatre mois d’enrôlement forcé dans les rangs militaires. Il s’agit de Guezouma Sanogo, président de l’AJB, et de Phil Roland Zongo, journaliste à la radio Femina FM. Ces libérations interviennent cinq jours après celles de deux journalistes de la chaîne BF1, également arrêtés arbitrairement.

Des arrestations liées à des critiques contre les médias d’État

Les deux journalistes avaient été interpellés en mars 2025 par des agents de l’Agence nationale de renseignement (ANR), peu après avoir critiqué publiquement la couverture jugée complaisante de la RTB (Radiodiffusion Télévision du Burkina) et de l’Agence d’information du Burkina (AIB) vis-à-vis de la junte militaire. Quelques jours plus tard, l’AJB était dissoute par les autorités, invoquant une non-conformité à la législation sur les associations.

Enrôlement forcé dans une zone à haut risque

À titre de mesure punitive, les deux journalistes avaient été réquisitionnés de force et envoyés à Fada N’Gourma, une région du pays régulièrement la cible d’attaques terroristes du groupe JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans). Leur retour sains et saufs après quatre mois est un soulagement, mais soulève aussi de vives inquiétudes sur la situation de la presse dans le pays.

Des journalistes encore portés disparus

Malgré ces libérations, plusieurs autres journalistes restent portés disparus, notamment Serge Oulon, journaliste d’investigation, enlevé à son domicile en juin 2024 par l’ANR. Il est considéré comme le premier d’une longue série de journalistes visés par le régime en place, dans ce qui s’apparente à une campagne de répression systématique.

Conclusion

Ces libérations marquent une étape positive dans un contexte particulièrement tendu pour la liberté de la presse au Burkina Faso. Mais elles ne doivent pas masquer les atteintes persistantes aux droits fondamentaux des journalistes, ni faire oublier ceux qui restent privés de liberté. La société civile et les organisations internationales de défense des droits de l’homme demandent la fin des intimidations, le respect de l’état de droit, et la protection effective de la liberté d’expression dans le pays.

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