Kenya : mobilisation citoyenne pour la libération de Boniface Mwangi
Un militant emblématique arrêté pour “terrorisme”
Au Kenya, l’arrestation du célèbre défenseur des droits humains Boniface Mwangi, samedi 19 juillet, a provoqué une vive réaction au sein de la société civile. Le militant est accusé par la Direction des affaires criminelles d’avoir « facilité des activités terroristes » lors des manifestations du 25 juin 2025, qui avaient dégénéré dans plusieurs villes du pays. Les bureaux de son organisation ont été perquisitionnés, et du matériel informatique saisi.
Rassemblement devant le commissariat : « À bas la criminalisation des militants »
Dès le lendemain, dimanche 20 juillet, plusieurs militants et citoyens se sont rassemblés devant le commissariat où il est détenu à Nairobi, brandissant des pancartes et scandant des slogans comme « Les défenseurs des droits humains ne sont pas des terroristes ». Parmi les personnes présentes figurait Njeri Mwangi, l’épouse du militant, qui a dénoncé une tentative d’intimidation systématique de la part des autorités : « Ils arrêtent les jeunes, ils les accusent de terrorisme. Aujourd’hui, c’est Boni, demain ce sera un autre. »
Une répression inquiétante des voix dissidentes
Depuis les manifestations du 25 juin, qui ont fait au moins 19 morts selon la Commission nationale de défense des droits humains, des centaines de personnes ont été arrêtées, et 37 sont actuellement poursuivies pour des accusations liées au terrorisme. Pour les ONG, il s’agit clairement d’une dérive autoritaire. Dans un communiqué commun, plusieurs organisations ont dénoncé une instrumentalisation de la justice pour écraser toute opposition.
Un droit constitutionnel menacé
Présent au rassemblement, Hussein Khalid, à la tête de l’ONG Vocal Africa, a rappelé avec force : « Manifester est un droit constitutionnel. Aucun niveau de menace ne nous empêchera de défendre nos droits. » Il déplore que le Kenya semble s’éloigner des principes démocratiques au profit de méthodes de répression empruntées aux régimes autoritaires.
Conclusion
L’arrestation de Boniface Mwangi, figure emblématique de la lutte pour les droits au Kenya, marque une escalade préoccupante dans la répression des mouvements citoyens. Face à cette dérive, la société civile se mobilise pour défendre la liberté d’expression, le droit de manifester et la dignité des militants. Le combat pour sa libération est devenu un symbole plus large : celui de la résistance démocratique face à la peur et à la censure.
