Mali : FLA et Jnim, une coordination inédite contre l’armée malienne à Alkit
Une embuscade meurtrière contre un convoi militaire
Le 14 juillet 2025, un convoi de l’armée malienne est tombé dans une embuscade à Alkit, entre Kidal et Anefis, dans le nord du pays. Composé de quatre véhicules dont un blindé, le convoi a été attaqué par des éléments du Front de libération de l’Azawad (FLA), qui ont revendiqué l’avoir « totalement neutralisé ». L’armée malienne a confirmé l’existence de « combats » sans donner plus de détails sur leur issue. Aucune réponse n’a été donnée aux sollicitations de la presse pour clarifier le bilan.
Une riposte malienne limitée
À la suite de l’attaque, l’armée aurait mené une contre-offensive, notamment par une frappe de drone à Djounhane, qui aurait manqué sa cible, ainsi qu’une intervention d’hélicoptère qui aurait été contraint d’atterrir en urgence. Des militaires maliens auraient pu s’échapper en se dissimulant dans les collines. Par ailleurs, un autre convoi logistique parti de Gao quelques jours plus tôt semble avoir été immobilisé à Anefis.
Une coordination tactique entre rebelles et jihadistes
Fait inédit, plusieurs sources locales indiquent que les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à al-Qaïda, étaient présents lors de l’embuscade. Bien que ni le FLA ni le Jnim n’aient officiellement revendiqué une opération conjointe, des cadres du FLA reconnaissent une forme de coordination : les deux groupes auraient lancé des assauts successifs sur les mêmes cibles, sans agir côte à côte. Cette stratégie s’inscrirait dans le cadre d’un pacte de non-agression entre les deux entités, qui partagent un ennemi commun : les Forces armées maliennes (FAMa) et leurs alliés russes du groupe Africa Corps.
Vers une coopération plus structurée ?
Des négociations seraient en cours depuis décembre 2024 pour mettre en place des opérations conjointes entre le FLA et le Jnim, et même un état-major commun. Si aucun accord n’a été formalisé pour l’instant, l’attaque d’Alkit pourrait constituer un tournant stratégique, révélateur d’une dynamique de rapprochement sur le terrain. Un responsable du FLA indique cependant que « les discussions sont toujours en cours ».
Deux ennemis désignés par Bamako
Tant le FLA que le Jnim sont considérés comme des groupes « terroristes » par les autorités maliennes. Le FLA, issu de l’éclatement du processus de paix de 2015, milite pour l’indépendance de l’Azawad, mais se distingue du Jnim par ses méthodes : il ne prend pas d’otages et ne vise pas les civils. Le Jnim, quant à lui, impose la charia dans les zones qu’il contrôle et détient de nombreux civils. Ces divergences idéologiques et tactiques ont jusqu’ici limité une véritable alliance entre les deux groupes.
Conclusion
L’embuscade d’Alkit révèle un nouveau niveau de coordination entre les rebelles indépendantistes du FLA et les jihadistes du Jnim, jusque-là limités à des actions séparées. Bien que cette alliance reste officieuse et non structurée, elle pourrait annoncer une escalade des menaces contre l’armée malienne dans le nord du pays. Si cette dynamique se confirme, elle posera un défi sécuritaire majeur à Bamako, déjà confronté à la résurgence de la rébellion et à la persistance de la menace jihadiste.

Bonne lecture, j’ai appris quelque chose.
Merci pour cette analyse qui apporte un vrai éclairage.