Maurice : Un ancien chef de la cellule antiterroriste soupçonné de détournement de fonds publics

Maurice : Un ancien chef de la cellule antiterroriste soupçonné de détournement de fonds publics

Une affaire qui ébranle les sommets de la police mauricienne

Le 20 juin 2025, Lillram Deeal, assistant commissaire de police et ancien chef de la cellule antiterroriste de l’île Maurice, a été arrêté et suspendu de ses fonctions. Il est accusé d’avoir détourné des fonds publics, en l’occurrence des primes destinées aux informateurs dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue. Cette affaire hautement sensible aggrave le malaise au sein de la population, déjà préoccupée par une série de scandales ayant entaché la réputation de la police ces dernières années.

Des fonds destinés à la lutte antidrogue utilisés à des fins personnelles

Au cœur de l’enquête, les Reward Money, des primes versées à des informateurs ou agents impliqués dans de grandes opérations antidrogue, sont supposées être strictement encadrées. Or, selon la Financial Crimes Commission, ces fonds auraient été détournés à des fins personnelles par Lillram Deeal. Les enquêteurs ont découvert 85 000 euros (environ 4,5 millions de roupies mauriciennes) sur un compte bancaire conjoint détenu par l’accusé et son épouse.

Silence opaque et obstacle judiciaire

Interrogé par les enquêteurs, Lillram Deeal s’est montré peu coopératif, invoquant l’Official Secrets Act, une loi sur la confidentialité des affaires d’État, pour éviter de justifier l’origine de l’argent. Il est actuellement poursuivi sous le régime d’une accusation provisoire de blanchiment d’argent, et sa demande de libération conditionnelle a été rejetée par la justice le jeudi 10 juillet.

Des ramifications possibles dans les hautes sphères

Au-delà des soupçons pesant sur Deeal, l’enquête pourrait éclabousser d’autres hauts responsables de la police ou de l’administration mauricienne. D’anciens officiers supérieurs pourraient être convoqués dans les semaines à venir. Le passé de l’accusé, à la tête de la cellule antiterroriste, et ses connexions dans les cercles du pouvoir, suscitent des interrogations sur l’étendue du réseau impliqué.

Conclusion

L’affaire Deeal révèle un profond dysfonctionnement au sein des institutions policières mauriciennes. La suspicion de détournement de fonds dans un domaine aussi sensible que la lutte contre la drogue soulève des questions de transparence, d’éthique et de gouvernance. Pour l’heure, la justice suit son cours, mais cette affaire, au-delà de la personne de Lillram Deeal, interpelle sur les mécanismes de contrôle et de redevabilité dans la gestion des ressources publiques à Maurice. Une affaire à suivre de près, tant ses implications pourraient être larges et durables.

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