Le PAM reprend l’aide aérienne dans le Haut-Nil, région dévastée par le conflit
Un accès humanitaire quasi impossible depuis quatre mois
Depuis la reprise des hostilités dans la région du Haut-Nil, au nord-est du Soudan du Sud, les humanitaires faisaient face à une impossibilité quasi totale d’intervenir. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé le 8 juillet avoir enfin pu larguer de l’aide alimentaire par avion dans les comtés de Nasir et d’Ulang, au cœur du conflit. Ces zones étaient restées inaccessibles pendant plus de quatre mois, même par voie aérienne, et l’accès fluvial – pourtant crucial et moins coûteux – demeure toujours fermé, empêchant la livraison de 1 500 tonnes d’aide stockées plus au sud.
Des frappes ciblées et des populations en fuite
La reprise des largages humanitaires intervient alors que les bombardements de l’armée gouvernementale ont repris dans plusieurs villages du comté de Nasir. Ces frappes, qualifiées d’« attaques délibérées contre des zones civiles » par Ter Manyang Gatwech, un militant de la société civile, provoquent des déplacements massifs. Depuis fin février, plus de 130 000 personnes ont été déracinées, privées de leurs moyens de subsistance, et exposées à une crise humanitaire de plus en plus critique.
Une situation alarmante et un risque de famine
Près de 40 000 personnes sont aujourd’hui menacées de famine dans les zones concernées, alerte le PAM. L’agence onusienne tire la sonnette d’alarme : « Sans une augmentation significative de l’aide, les comtés de Nasir et d’Ulang risquent de sombrer dans une famine généralisée », selon sa directrice Mary-Ellen McGroarty. À ces défis s’ajoute le manque chronique de financements, qui entrave encore davantage la réponse humanitaire dans un contexte de violence persistante.
Conclusion
Alors que le Soudan du Sud célèbre le 9 juillet son 14e anniversaire d’indépendance, le conflit dans le Haut-Nil et la détérioration dramatique de la situation humanitaire rappellent l’ampleur des défis non résolus. Le retour partiel de l’aide du PAM dans la région constitue une avancée, mais reste largement insuffisant sans un soutien renforcé de la communauté internationale. La paix durable et l’accès humanitaire restent les seuls espoirs pour éviter une famine de grande ampleur.

Merci pour l’information. Concernant « Le PAM reprend l’aide aérienne dans le Haut-Nil, région dévastée par le conflit », c’est un point de vue intéressant.