Journée Saba Saba au Kenya : au moins 10 morts lors des manifestations
Une commémoration marquée par la violence
La Journée Saba Saba, traditionnellement dédiée à la mémoire du soulèvement démocratique du 7 juillet 1990 au Kenya, a viré au drame cette année. Au moins dix personnes ont été tuées et 29 blessées lors de manifestations organisées dans 17 comtés du pays, selon un bilan de la Commission nationale des droits humains. À Nairobi, la capitale, le centre-ville a été verrouillé dès les premières heures du matin par un imposant déploiement policier.
Une mobilisation nationale contre William Ruto
Cette commémoration de Saba Saba prend une dimension politique inédite en 2025, en pleine vague de contestation contre le président William Ruto. Les slogans des manifestants — « Ruto must go » ou encore « Wantam » (pour one term) — traduisent une colère croissante face à sa gouvernance. Des affrontements violents ont éclaté en périphérie de Nairobi entre forces de l’ordre et manifestants, dans un climat de plus en plus tendu.
La répression policière a été particulièrement brutale. La police annonce l’arrestation de 567 personnes, tandis que des témoignages et ONG, comme Amnesty International, rapportent l’usage de balles réelles dans des zones habitées.
Des milices masquées aux côtés des policiers
Fait troublant : selon la Commission nationale des droits humains, des bandes armées de fouets, massues et bâtons, souvent cagoulées, ont été observées agissant aux côtés des forces de sécurité. Leur description correspond à celle d’individus ayant attaqué, la veille, le siège d’une ONG de défense des droits humains à Nairobi. Plusieurs organisations accusent les autorités de collusion avec des milices dans le but de discréditer le mouvement de protestation.
Des casseurs ont opéré en toute impunité, tandis que les commerçants fermaient boutique face au climat d’insécurité. Pour les militants des droits humains, cette stratégie est claire : instiller la peur pour affaiblir la contestation. « Ce n’est pas le peuple, c’est le gouvernement qui orchestre tout cela, délibérément », dénoncent-ils.
Conclusion
La commémoration de la Journée Saba Saba, censée rappeler la lutte du peuple kényan pour la démocratie, s’est transformée en tragédie sanglante. Alors que le régime de William Ruto est confronté à une contestation populaire croissante, les autorités semblent répondre par la répression, l’intimidation et la peur. La situation soulève de graves inquiétudes sur l’état des libertés publiques et des droits fondamentaux au Kenya. À l’image de 1990, les Kényans réclament aujourd’hui une nouvelle démocratie — mais au prix du sang.

Un article bien construit qui invite à la réflexion.