Centrafrique : L’ONU alerte sur un processus électoral menacé

Centrafrique : L’ONU alerte sur un processus électoral menacé

Un processus électoral à haut risque

Devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, l’expert indépendant des Nations unies pour la Centrafrique, Yao Agbetse, a exprimé ce vendredi 4 juillet 2025 sa vive inquiétude quant au bon déroulement du processus électoral en cours. Alors que les élections locales sont prévues pour le 30 août, leur tenue apparaît de plus en plus incertaine, et les scrutins nationaux prévus en fin d’année pourraient également être compromis.

Des défaillances structurelles dénoncées

Reprenant les préoccupations de la société civile centrafricaine, Yao Agbetse dénonce une série de dysfonctionnements au sein de l’Autorité nationale des élections (ANE) :

  • Retards persistants,
  • Manque de transparence,
  • Absence de révision des listes électorales,
  • Et surtout un budget insuffisant pour garantir des élections crédibles.

Il appelle à une réforme en profondeur de l’organe électoral, condition indispensable pour restaurer la confiance et éviter une crise politique majeure en 2025.

Des atteintes aux droits humains préoccupantes

Au-delà des enjeux électoraux, l’expert togolais s’est également dit préoccupé par les arrestations de leaders de la société civile, notamment après le drame du lycée Boganda, ainsi que par une nouvelle loi sur la presse perçue comme restrictive.

Un contexte sécuritaire sous pression régionale

Yao Agbetse a néanmoins salué l’accord signé le 19 avril avec les groupes armés 3R et UPC, qui ouvre une perspective d’amélioration sécuritaire. Toutefois, il avertit sur l’impact du conflit au Soudan voisin, qui pourrait transformer la Centrafrique en base arrière pour des groupes armés soudanais, aggravant encore l’instabilité du pays.

Il a également renouvelé son appel au soutien international, notamment envers la Minusca, la mission de l’ONU en Centrafrique, dans la lignée de l’intervention récente de Jean-Pierre Lacroix devant le Conseil de sécurité.

Conclusion

Le signal d’alarme lancé par Yao Agbetse souligne la fragilité du processus démocratique en Centrafrique à l’approche d’échéances électorales cruciales. Sans réforme urgente de l’ANE, moyens financiers renforcés et respect des libertés fondamentales, le pays risque de replonger dans une crise institutionnelle et sécuritaire. La communauté internationale est appelée à ne pas détourner le regard, alors que la Centrafrique, selon les mots de l’expert, « est à la croisée des chemins ».

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