Comores : 50 ans après l’indépendance, l’hôpital de M’Beni face à ses défis
L’accès aux soins, un défi majeur aux Comores
Alors que les Comores fêtent les 50 ans de leur indépendance ce 6 juillet 2025, l’accès aux soins demeure l’un des enjeux les plus critiques du pays. Les hôpitaux, souvent sous-financés, manquent cruellement de personnel qualifié et de matériel médical adapté. La population, quand elle en a les moyens, préfère encore se faire soigner à l’étranger.
L’hôpital de M’Beni, entre isolement et résilience
Situé à 75 kilomètres de Moroni, l’hôpital de M’Beni subit l’isolement dû à une route en mauvais état, actuellement rénovée par une entreprise chinoise. Malgré cela, le personnel médical sur place fait preuve d’un engagement remarquable. Le Dr Nizar Ahamada, l’un des rares urologues du pays, enchaîne une quarantaine de consultations quotidiennes. Il déplore cependant le manque de formation, les salaires trop bas, et la fuite des talents médicaux vers l’étranger ou Mayotte.
Une autonomie financière relative, mais fragile
L’établissement se gère quasi-indépendamment, avec 60 % de son budget provenant directement des soins payants. Les bailleurs internationaux apportent 30 %, tandis que l’État ne couvre que 10 %. Cette répartition met l’hôpital dans une situation financière précaire, mais lui permet aussi de prendre des initiatives pour combler certaines lacunes.
Miser sur la formation et les compétences locales
Conscient des coûts élevés de réparation du matériel médical, l’hôpital a décidé d’investir dans la formation d’un ingénieur biomédical. Grâce à cette stratégie innovante, un technicien désormais formé au Togo assure l’entretien des équipements critiques, des blocs opératoires à l’imagerie médicale.
Une autonomie énergétique en ligne de mire
Face aux fréquentes coupures de courant, l’hôpital a financé lui-même l’installation de panneaux solaires et l’achat de générateurs. L’objectif affiché par son directeur, Abdourahim Mbaé : garantir une autonomie énergétique totale pour assurer un fonctionnement continu des services vitaux.
Conclusion
L’hôpital de M’Beni incarne la résilience du système de santé comorien, malgré des conditions extrêmement difficiles. Grâce à l’initiative locale, à la solidarité de la diaspora et à une gestion autonome, il parvient à maintenir un service minimal et ambitieux. À l’heure où le pays espère un avenir meilleur avec la construction du CHU El-Maarouf à Moroni, le modèle de M’Beni rappelle l’importance cruciale de l’autonomie, de la formation locale et de la persévérance dans la refondation du système de santé comorien.

Merci pour cette analyse qui apporte un vrai éclairage.