ONU : Le Programme alimentaire mondial menace de fermer des camps de réfugiés soudanais par manque de financement
Les réfugiés soudanais menacés de famine dans les pays voisins
Alors que le conflit au Soudan continue de ravager le pays et pousse des millions de civils à l’exil, le Programme alimentaire mondial (PAM) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Selon l’agence onusienne, faute de financement, elle pourrait cesser ses opérations humanitaires dans plusieurs pays accueillant des réfugiés soudanais, menaçant ainsi directement la survie de centaines de milliers de personnes.
Des pays d’accueil débordés, un système humanitaire à bout de souffle
Depuis le début de la guerre en 2023, plus de quatre millions de Soudanais ont fui leur pays. Près de la moitié d’entre eux ont trouvé refuge en Égypte, en Libye, en Centrafrique et en Éthiopie. Ces États, déjà fragiles et confrontés à leurs propres défis économiques, peinent à absorber les flux continus de réfugiés. Face à cette pression, les ressources du PAM s’amenuisent dangereusement.
Shaun Hughes, responsable régional du PAM pour la crise soudanaise, explique que les rations distribuées sont désormais très en deçà des besoins. « Beaucoup de réfugiés ne reçoivent que 25% de la ration alimentaire journalière minimale », affirme-t-il. Et la situation ne cesse d’empirer : en Ouganda, les bénéficiaires sont de moins en moins nombreux, et ceux qui restent reçoivent de moins en moins.
Des entrepôts pleins, mais plus de moyens pour distribuer
À Adré, à la frontière tchado-soudanaise, le PAM avait pourtant multiplié par quatre la capacité de ses entrepôts, anticipant l’intensification des besoins humanitaires. Mais les stocks ne suffisent plus. Sans fonds supplémentaires, les distributions s’arrêteront, malgré les infrastructures en place.
Selon l’organisation, un financement de 200 millions de dollars serait suffisant pour maintenir ses opérations dans les pays voisins du Soudan pour les six prochains mois. Un montant dérisoire face aux enjeux : la survie d’une population déjà déplacée, affaiblie et traumatisée par la guerre.
Un appel urgent à la communauté internationale
Cet appel de l’ONU intervient dans un contexte global de désengagement humanitaire, alors même que la guerre au Soudan reste l’une des pires crises humanitaires actuelles. Les besoins sont colossaux, avec les deux tiers de la population soudanaise nécessitant une aide d’urgence, y compris à l’intérieur du pays.
Le PAM appelle donc la communauté internationale à réagir sans délai, avant que les camps de réfugiés ne ferment et que la famine ne se propage aux pays d’accueil. Car pour beaucoup de réfugiés soudanais, l’exil ne garantit plus la sécurité alimentaire, et la frontière n’est plus une protection face à la faim.

Une réflexion pertinente et bien argumentée.