Côte d’Ivoire : Des candidats indépendants dénoncent la procédure de parrainage avant la présidentielle
Un système numérique contesté dès son lancement
À quelques jours du démarrage officiel de la collecte des parrainages le 1er juillet, des voix s’élèvent déjà pour remettre en question le processus. Selon le code électoral ivoirien, chaque candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2025 doit réunir les signatures d’au moins 1 % de l’électorat local dans 50 % des régions, ainsi que dans les districts autonomes d’Abidjan et Yamoussoukro. Une étape incontournable, désormais numérisée, mais déjà controversée.
Des critiques sur la protection des données et la complexité du dispositif
La nouveauté de cette année réside dans l’utilisation d’un kit numérique pour enregistrer les soutiens : chaque collecteur saisira les données en temps réel à l’aide d’une tablette. Mais pour Vincent Toh Bi, candidat indépendant et ancien préfet d’Abidjan, ce procédé porte atteinte à la confidentialité : il redoute la constitution de bases de données nominatives sur les électeurs, remettant en cause le secret du soutien politique.
Son allié, le député Antoine Tiémoko Assalé, va plus loin : il dénonce un processus trop complexe et inadapté au climat politique actuel. L’identification faciale et la collecte de données biométriques, obligatoires pour valider un parrainage, alimentent la méfiance.
La CEI se veut rassurante
Face aux critiques, Alain Dogou, deuxième vice-président de la Commission électorale indépendante (CEI), tient à rassurer l’opinion publique. Selon lui, les données collectées resteront confidentielles : « Nous ne divulguerons aucune information sur les parrains », affirme-t-il, soulignant les engagements légaux de la CEI en matière de protection des données.
Une exigence déjà décisive en 2020
La collecte des parrainages prendra fin le 26 août 2025. Lors de l’élection présidentielle de 2020, seulement 4 candidats sur 44 avaient vu leur dossier validé par le Conseil constitutionnel. La majorité des candidatures avait été rejetée pour cause de parrainages insuffisants ou non conformes, démontrant l’importance stratégique – et potentiellement éliminatoire – de cette phase.
Conclusion : un enjeu technique devenu politique
La numérisation du processus de parrainage, censée renforcer la transparence et éviter les doublons, est désormais perçue comme une arme à double tranchant par certains candidats indépendants. Entre soupçons d’ingérence, craintes pour la vie privée et méfiance envers les institutions, cette procédure électorale s’annonce comme un véritable test de confiance démocratique, à quelques mois d’un scrutin capital pour la Côte d’Ivoire.

Votre article met en lumière des réalités souvent ignorées.