Afrique du Sud : une jeunesse en marge du système socio-économique
Plus de 9,2 millions de jeunes sans emploi, ni formation, ni éducation
L’Afrique du Sud fait face à une crise sociale préoccupante : plus de 9,2 millions de jeunes ne sont actuellement ni en emploi, ni en formation, ni à l’école. Ce phénomène touche une génération entière, avec un taux de chômage des jeunes atteignant 62,4 % au premier trimestre 2025.
Lors d’un événement à Johannesburg organisé par Harambee Youth Employment Accelerator, le vice-président Paul Mashatile a dressé un tableau sombre de la situation. Il a souligné l’urgence d’agir pour éviter une aggravation, estimant que 600 000 jeunes supplémentaires pourraient tomber dans cette catégorie chaque année sans mesures concrètes.
L’entrepreneuriat comme réponse à la crise de l’emploi
Une stratégie axée sur la création d’entreprises
Face à un marché du travail saturé, l’entrepreneuriat est désormais considéré comme un levier central de relance. Pour Paul Mashatile, il s’agit d’une nécessité plutôt que d’un choix. Il a plaidé pour un soutien accru aux jeunes entrepreneurs, dans le cadre de la Vision 2030 du Plan national de développement, qui identifie les PME comme moteurs de croissance inclusive.
Des dispositifs déjà en place pour soutenir l’initiative entrepreneuriale
Plusieurs programmes soutiennent déjà les jeunes :
- L’Agence nationale pour le développement de la jeunesse (NYDA) : appui à la création d’entreprise dès les premières étapes.
- Le Fonds de l’innovation (depuis 2020) : financement de start-up technologiques.
- Le Youth Challenge Fund : accompagnement personnalisé des jeunes porteurs de projets.
- Le Transformation Fund : doté de 1,11 milliard USD par an, il cible les entrepreneurs issus de communautés historiquement marginalisées.
- Le Spaza Shop Support Fund : injection de 3 millions USD dans les microentreprises informelles des townships et zones rurales.
Renforcer l’écosystème entrepreneurial : un impératif
Appels à une action coordonnée et des réformes structurelles
Pour accélérer l’impact, le vice-président sud-africain a insisté sur la nécessité de :
- Renforcer les partenariats public-privé
- Simplifier l’accès au financement
- Créer un environnement réglementaire plus favorable à l’initiative
Il cite l’exemple du programme YELD au Kenya, qui a déjà soutenu plus de 2800 jeunes entrepreneurs, comme modèle de réussite à adapter.
Conclusion
L’Afrique du Sud est confrontée à un défi générationnel majeur. Face à une jeunesse massivement exclue des circuits de l’emploi et de l’éducation, l’entrepreneuriat se présente comme une réponse stratégique et durable. Toutefois, pour produire des résultats à grande échelle, les actions engagées doivent être mieux coordonnées, pérennisées et étendues, avec un engagement fort de l’État et du secteur privé. Faire de l’initiative individuelle un levier de transformation sociale est désormais une urgence nationale.

Une lecture utile pour comprendre les dynamiques sociales. Concernant « Afrique du Sud : une jeunesse en marge du système socio-économique », c’est un point de vue intéressant.