Centrafrique : à Bangui, une opération sensible de transfert de sépultures entrave les travaux routiers
Des corps exhumés pour libérer l’emprise d’une voie dégradée dans le VIIe arrondissement de la capitale
À Bangui, les travaux d’exhumation et de réinhumation se poursuivent dans le quartier Ndress, dans le VIIe arrondissement. L’objectif : déplacer près de 2 000 tombes installées de manière anarchique sur les abords d’une avenue stratégique, reliant les quartiers est au nord de la capitale. Cette opération délicate s’inscrit dans le cadre d’un projet de réhabilitation routière, rendu difficile par la présence de sépultures en bord de chaussée.
Une semaine après son lancement, l’opération se heurte à des défis logistiques
Sur place, les agents de la protection civile et de la Croix-Rouge centrafricaine travaillent sous tension. La ministre de l’Action humanitaire, Josiane Bemaka-Soui, précise que les corps concernés ne proviennent pas du cimetière officiel, mais d’inhumations sauvages le long de la route :
« Certaines familles ont inhumé leurs proches dans des caniveaux ou sur les accotements, ce qui empêche le passage des engins de chantier. Ce sont ces tombes que nous devons déplacer. »
Un processus méthodique d’identification préalable
Les autorités ont pris le temps de préparer l’opération :
« Il nous a fallu un mois pour codifier les tombes et les identifier. Un photographe a réalisé une topographie complète du site pour que les familles puissent retrouver la tombe de leur parent », explique la ministre.
Le nouveau site de réinhumation est situé à environ 500 mètres, au pied de la colline du Bas-Oubangui.
Témoignages de familles mobilisées
Clarisse Boro, venue assister à l’exhumation de son petit frère, confie :
« Sa tombe était à trois mètres de la route, ils ont noté son nom et la date de son décès. Une fois le cercueil prêt, nous allons le réinhumer dans notre ferme familiale. »
Prise en charge intégrale par l’État
L’État assure l’ensemble des frais liés à cette opération.
« Nous avons fabriqué 500 cercueils, mais certaines familles préfèrent des linceuls, notamment les familles musulmanes. Nous avons aussi prévu des nattes pour respecter les rites funéraires », précise la ministre Bemaka-Soui. La protection civile et la Croix-Rouge coordonnent la logistique.
Initialement prévue sur sept jours, l’opération a été prolongée d’une semaine en raison des pluies qui ont ralenti les travaux.
