Kenya : les Ogiek de retour devant la Cour africaine pour défendre leurs terres

Kenya : les Ogiek de retour devant la Cour africaine pour défendre leurs terres

La communauté Ogiek, peuple autochtone de la forêt de Mau dans la vallée du Rift, est revenue cette semaine devant la Cour africaine des droits de l’homme à Arusha, en Tanzanie. Malgré une décision rendue en leur faveur en 2017, leur situation reste inchangée : ils attendent toujours la restitution de leurs terres ancestrales et le versement d’une indemnisation pour les injustices subies.

Une décision historique ignorée depuis 2017

En 2017, la Cour avait reconnu les droits des Ogiek sur la forêt de Mau et ordonné leur réinstallation ainsi qu’un dédommagement de 1,3 million de dollars. Mais six ans plus tard, ces mesures n’ont toujours pas été mises en œuvre. Le gouvernement kényan continue de faire la sourde oreille et, pire, a repris la délimitation de la forêt, menaçant à nouveau l’accès de cette communauté à ses terres.

Une nouvelle menace sur plus de 8 500 Ogiek

D’après Albert Barume, rapporteur spécial des Nations unies pour les droits des peuples autochtones, cette démarcation constitue une atteinte grave aux droits de plus de 8 500 membres de la communauté. Les autorités accusent les Ogiek de contribuer à la déforestation, bien qu’ils soient historiquement les gardiens de cet écosystème vital pour la région.

Une forêt stratégique au cœur du conflit

La forêt de Mau n’est pas seulement une terre sacrée pour les Ogiek : elle est aussi un réservoir d’eau essentiel à l’agriculture du centre du Kenya. Les enjeux écologiques et économiques autour de cette zone renforcent la pression sur les terres, au détriment des populations autochtones.

Les autorités locales confortées par le pouvoir central

Lors d’une récente visite dans la région, le président William Ruto a remis un titre de propriété sur la forêt aux autorités locales, affirmant vouloir « mettre fin aux conflits ». Une décision dénoncée par les Ogiek, qui y voient une nouvelle tentative de les exclure de leurs terres légitimes.

Conclusion

La lutte des Ogiek pour la reconnaissance de leurs droits fonciers incarne le combat plus large des peuples autochtones face à l’inaction des États. Malgré une décision favorable de la Cour africaine, le Kenya peine à traduire en actes cette reconnaissance. Tandis que la Cour s’est retirée pour délibérer, la communauté Ogiek affiche une résilience admirable et se dit « optimiste ». Une décision claire et contraignante pourrait enfin ouvrir la voie à la justice et à la réparation tant attendues.

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